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jeanneovertheworld - Page 16

  • l'effet papillon

    Je ne sais pas pourquoi, j’ai retenu cette fenêtre là,

    Son ironie,

    Ses promesses,

    Service ORL,

    Hôpital Central,

    Nancy.

     

    ORL.jpg

    C’était juillet, il faisait beau, il faisait même plutôt chaud.

    Dans cet univers aseptisé, dans cet univers d’éclopés, une fenêtre ouverte,

    Derrière la plante verte,

    Et nous, bien assis sur les chaises

    Qui attendions l’appel de notre nom.

    Avec ces petites pensées atroces : se comparer aux autres malades,

    Avec ces petites satisfactions mesquines de se croire moins atteint,

    Ces petits plaisirs de se dire, de se voir, de se croire, d’être… différent.

    Une salle d’attente lumineuse et colorée,

    Nouvellement repeinte,

    Budget pour les pots, pas pour les fesses : de vieilles chaises défoncées et dépareillées.

    Mon corps est dans la salle, parmi les autres.

    Mon regard s’évade, par la fenêtre.

    Mon regard caresse le soleil et surfe sur les nuages blancs.

    Dehors, il y a des oiseaux, dehors, c’est la vie.

    Ni belle, ni laide.

    Grouillante et bruyante,

    Des voitures qui passent,

    L’odeur des acacias secoués par le frisson d’une brise,

    L’odeur des gaz d’échappements d’un bus,

    Tout se mélange.

    Et mon corps reste là, dans la salle d’attente.

    Un papillon est entré

    Par la fenêtre.

    Doucement le clapotis imperceptible de ses ailes,

    Je le vois et je rêve sa musique.

    Un petit moment magique

    Qui dans ce décor sans émotion secoue le cœur

    Et transporte le corps vers un ailleurs chantant.

    Un papillon est entré

    Me voler un sourire

    Et faire monter les larmes.

    J’entends mon nom au loin.

    Le papillon repasse la fenêtre.

    Peut-on tous si facilement s’évader ?

    J’entends mon nom.

    " Vite, madame…

    Il faut que je rejoigne le papillon..."

     

  • sorti de la brume, le livre de l'été

    Le monde littéraire et ses mystères…

    Pourquoi les gens écrivent, comment certains se font publier, ce qui fait que l’on achète, et que l’on lit, ou pas.

    lire-a-la-plage-copie-1.jpgJe ne suis pas les modes, je ne suis pas les calendriers, je n’attends pas la rentrée, alors pour moi, le livre de l’été…

    S’il fallait un prétexte, je prendrais celui du voyage.

    Cette année j’ai traversé l’Atlantique pour rejoindre Bruges.

    J’ai filé dans la brume vers l’Alberta, avec Benoît Chavaneau dans ma valise, passager clandestin.

     

    Je ne sais qu’en dire. Que dire à son auteur... juste « merci de l’avoir écrit ».

    les-fileuses-de-brumes.jpgComme dans les jolis contes, un homme et une femme ont rendez-vous. Leur premier rendez-vous. Ils ne sont pas sûrs de se reconnaître, mais certains de déjà tant se connaître. Ils désirent se désirer, ils redoutent de trop espérer mais aimeraient oser et tellement vivre. Sur un pont de Bruges. Et si ce n’est pas celui-là, il y en aura d’autres, des hommes ou des ponts, on ne sait plus bien.

    Tout commence si bien, Benoît écrit comme une femme, il se met dans notre esprit mais l’on voit que c’est un homme lorsque la pudeur et la douceur de l’évocation laisse place à l’inconnu des sensations grouillantes de la matrice.

    Mais Benoît lutte et se refuse le bonheur.

    Pardon, non : il NOUS refuse le bonheur de lire un livre trop facile, à l’eau de rose, au parfum de guimauve. Et l’on s’essouffle, et l’on a mal, à parcourir le reste de ces pages où les amants ne se retrouvent jamais, où l’on doute même qu’ils se sont rencontrés, et si c’était un mirage, un Nuage, et si tout n’était que Fumée ?

    Il nous réinvente des histoires, il remet des personnages, mais ce n’est pas parce qu’ils sont plus jeunes ou plus beaux que l’on peut revivre la magie des débuts.

    Benoît nous embrouille et tout est pourtant si clair.

    L’auteur est le maitre.

    Il écrit le roman, il écrit sa vie.

    Il paraît qu’il y a 3 clés dans ce livre, Benoît nous livre des secrets : il est un peu tous ces personnages, il fut l’un, rêva être l’autre, aimerait tant devenir.

    Et le livre dans tout ça ?

    Le style est simple, précis, fluide et rythmé. J’aime beaucoup la typographie, des silences dans l’écrit, des rejets, à la ligne, des suspensions. Dramatiquement frais.

    Parfois facile, mais c’est sans doute une qualité, de rendre invisible la trame, une vraie maitrise de l’écrit.

    Parfois on  se perd : le narrateur parle de l’auteur et on a, en plus, en italique, une annotation, comme un clin d’œil au lecteur, à la manière d’une NDLR.

     

    Pour moi « Les fileuses de brumes » reste un livre qui déborde.

    Qui déborde d’envie.

    De dire et de vivre.

     

    Faire la critique de mon livre de l’été, non, j’ai du mal. Que dire à son auteur, sinon « Pardon ».

    Pardon d’avoir voulu lire une autre histoire que celle-là.

    Pardon de vous avoir cherché sur le pont.

    Pardon de m’être vue derrière Elle :

    PICT1719.JPG«  Et puis Elle se remit en route,

    Sans bagage,

    Sans guide Michelin,

    Sans étapes et sans but.

    Sans contraintes.

    Sans règles.

    Sans montre ni miroir.

    Aucune direction.

    Aucun souvenir.

    Une simple fugue au fil du cœur en somme. »

     

    Benoît nous embrouille et tout est pourtant si clair.

    Les fileuses de brumes est un roman nécessaire.

    Il est écrit sur la couverture « roman d’amours », voici une clé : il n’est rien de singulier, même si tout est unique, il n’y a que des vérités.

    Pour celui qui écrit, ou pour celui qui lit, il est des aventures, réelles ou imaginaires, un vécu qui nous fait devenir.

     

    Vous pouvez encore faire cette expérience. Filer votre propre aventure, défaire les nœuds, libérer les pales du moulin, car il n’est pas de saison pour les amours, même si ce fut mon livre de l’été.

     

    http://www.juste-pour-lire.com/71-les-fileuses-de-brumes-9782361510.html

    http://livre.fnac.com/a3609287/Benoit-Chavaneau-Les-fileuses-de-brumes

  • carton pâte

    On peut être un continent sans histoire, pas un continent sans passé.

     

    J’aime le continent américain, vous le savez.

    Tout ce qu’il offre à mes yeux, tout ce fait vibrer mon cœur de géographe, du cercle polaire à la Terre de Feu, du Mont Saint Hellens assoupi aux fumants geysers d’El Tatio, tout ce que j’ai déjà vu, tous ces lacs émeraude des Rocheuses, et la terre qui se soulève comme je soupire de la voir vivre,  à Yellowstone.

     

    En Amérique il y a aussi des hommes, et des villes. J’aime Valparaíso autant que New-York et jamais je ne me lasse de voir ce que les hommes ont fait de la Terre.

     

    wetsuit route.JPGJe n’ai pas de rêve américain, j’ai beaucoup de réalités, je suis privilégiée.

    Je me vautre souvent dans l’American way of life, qui n’existe plus que dans mes voyages : voiture automatique sur des kilomètres d’asphalte aux lignes jaunes, drive-in et motels, supermarchés gigantesques, galeries marchandes et glaces au litre, à emporter.

     

    Je reste européenne.

     

    En Amérique du Nord, les bâtiments les plus anciens n’ont parfois pas un siècle, déjà trouver une église « d’avant-guerre » est un exploit, sans doute parce qu’il n’y a pas eu de guerre là-bas…

     

    Parfois les américains ont comme un complexe…

    Et tentent de se fabriquer un patrimoine, à l’Européenne.

    En se promenant dans Stanley Park, à Vancouver, on peut voir sur un rocher que découvre la marée une sculpture en hommage aux liens entre la ville et l’océan intitulée «  Girl in wetsuit », avec des palmes et un masque. wetsuit.JPG

    Elle attend là depuis ma naissance…

     

    Je l’ai vue et j’ai souri.

     

    J’ai pensé à Copenhague.

    http://jeanneovertheworld.hautetfort.com/archive/2008/03/24/la-fille-qui-perd-la-tete.html

     

    Haaa ces Américains…

  • témoin

    J’aime tes fringues dans la salle de bain.

     

    Je ne dis pas tes vêtements,

    pas tes habits, non,

    tes fringues qui trainent sans façon,

    naturellement,

    ces traces de toi qui attendent que tu reviennes dedans.

     

    sdb.JPG

     

     

     

    Ça fait plusieurs fois que je m’arrête,

    nez à nez avec tes chaussettes

    que je m’attendrie,

    devant ton shorty.

     

     

     

     

    J’aime les salles de bain

    seule.

    J’aime deviner que tu es là, quelque part

    dans ma vie, dans mon quotidien,

    une brosse à dent dans un verre

    plus tangible qu’une fragrance éphémère.

    J’aime t’attendre, j’aime te deviner.

    Si tu n’es pas là, je sais que tu existes.

    Tes fringues dans la salle de bain, c’est un futur très proche.

     sdb panier vide.JPG

    Je regarde le panier à linge...

    Il n’y a plus rien.

    Je referme le bouchon de ton dentifrice.

    Vivement que tu reviennes !

     

     

  • quand je m'appelais Laura

    Enfant je pensais que mon papa s’appelait Charles.

    En regardant la petite maison dans la prairie, je partais très loin, je n’étais plus moi, j’étais elle, la petite rouquine aux tresses mal faites.

    J’en avais un autre, de papa, tout aussi fort, tout aussi brun, mais sans bretelles.

    J’avais même une autre vie, avec de l’électricité et un frigo, mais dès que possible, je retournais à Walnut Grove.

    V 1977.JPG

     

    lauraIngalls.jpg 

     

     

     

     

    D’épisode en épisode, je grandissais avec Melissa Gilbert et ses expériences, sa vie simple, ses petits problèmes qui deviennent montagnes mais que l’on arase avec foi et courage, ses douleurs que l’on soigne avec de l’amour familial, ses espoirs qui meurent et les sourires qui fleurissent, les tensions qui finissent par s’apaiser, autour de la table, où l’on apprend des méchants, y compris la pitié et le pardon, où chacun a sa chance, où les gentils finissent par avoir la monnaie de leur pièce, où parfois on ne peut rien contre la maladie, où l’on accepte, d’une larme qui fait pousser les arbres, où les parents s’aiment profondément, papa travaille dur et maman prépare le repas.

    Je suis tombée amoureuse d’Almanzo, je suis devenue institutrice.

    Je suis tombée amoureuse de toi, je suis devenue professeur.

    Et puis un jour il n’y a plus eu de nouveaux épisodes, plus de nouvelles.

    Je suis devenue grande mais je retrouve encore Mélissa Gilbert dans ses rares apparitions télévisuelles.

    Je tombe amoureuse de Bruce Boxleitner, avant ou après qu’elle ne l’épouse, je ne sais plus bien.

    Je la regarde et je sais qu’elle est restée Laura, je retrouve comme un secret entre nous, ce monde bois de rose.

     

    Après 18 ans d’union Mélissa et Bruce divorcent.

    Après 18 ans, toi et moi, ça continue…

    Toi émois…

  • la ligne sur une page blanche

    Jeanne Orient nous a rappelé ce matin l’expression idiote « reprendre le cours de sa vie ». (http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=33748 

     

    Tout le monde le sait, on en fait des films : la vie n’est pas un long fleuve tranquille…

    Alors reprendre son cours

                après un court-circuit

    il n’y a rien de pire :

    ce serait nier le meilleur, celui qui reste à venir,

    en gommant ce pire que l’on vient de dépasser, jusqu’au pire final.

     

    Un court-circuit, quelle expression pour désigner nos accidents de la vie…

    Est-ce que ça  raccourcit notre circuit ?

    Est-ce que ça nous court-circuite du monde des insouciants ?

     

    Non, on ne m’a jamais dit de « reprendre le cours de ma vie ».

    Show must go on, poursuivre n’est pas reprendre.

    « Reprendre, c’est voler ! »

    Rien ne sera comme avant et tant mieux.

     

    Moi, on ne m’a pas dit ça.

    Au contraire.

    Je suis sortie de l’hôpital greffée, comme un petit autocollant sur le mal, un bâillon, on ne peut pas nier, on ne peut pas l’ignorer.

    Il ne faut pas.

    Mais partant sans douleurs, je m’étonnais un peu.

    « Alors, c’est déjà fini, je sors ? Et c’est tout ? »

    Et il me l’a dit, le chirurgien : « non, ce que vous avez vécu, ce n’est pas rien ».

     

    Mais je me souviens de ce médecin qui voulait résumer ma vie d’un trait sur le papier, un trait tracé à la va-vite avec son gros stylo Mont Blanc.

    « Ça, c’est une vie sans accident… »

    vie1.JPG

     

    Je regardais ce beau trait long, sans accroc, un rien monotone.

     

     « Ça c’est comme vous voyez votre vie »

    vie2.JPG

    Il avait fait ce trait vertical, comme un cœur qui s’emballe.

    C’est amusant, sur les électrocardiogrammes, c’est l’inverse : la ligne droite qui marque la fin, ici, cette secousse marquait le début de ma fin.

     

    « Mais vous vous trompez, vous avez le choix

    Avec l’immunothérapie, votre vie ça peut être ça :     »

    vie3.JPG 

    « Sans immunothérapie, ce sera ainsi : »

     vie4.JPG

     

    Et moi qui regarde ces deux lignes, courtes l’une comme l’autre, plus courte que la monotone.

    Il ne m’a aidé en rien.

    Je n’ai rien entendu d’autre : j’allais mourir, un jour, bien plus tard, quelle grande nouvelle !

     

    Alors j’ai pris le stylo trop lourd et je lui ai dis :

     

    « ma vie, je la vois comme ça… »

    vie5.JPG

    Elle continue.

    Je ne sais pas combien de temps.

    Juste suspendue.

    Juste possible.

    Et je mets tous les rêves dans les interstices.

    Et tous les petits bonheurs qui se glissent.

     

    Ma vie n’est pas une ligne sur une feuille blanche.

     

    .

     

  • les jours d'après-demain

    Je ne me sens pas optimiste. Ni pessimiste.

    Mais je le vois bien en fréquentant les gens, j’ai une force en moi qui me pousse vers demain, qui me fait prendre toutes les mauvaises nouvelles comme des faits, des points de départ que l’on ne peut changer, mais d’où on ne peut que partir. Ca ne m’empêche pas de pleurer, ça ne m’empêche pas d’avoir mal, mais je ne sombre pas, je me laisse flotter dans le courant et doucement, j’avance.

    Mon père m’apprenait à faire la planche, sur la mer. A me tenir assez droite pour bien flotter, à me tenir assez détendue pour m’adapter au flux, au reflux, à ne pas me laisser submerger par les vagues, par la panique…

    Mon prof d’histoire de lycée, monsieur Martin, a mis des mots là-dessus « fluctuat nec megitur ».

     

    Et j’ai traversé la tempête, étonnée de ne pas avoir plus souffert.

    no exit.JPGMais sans me l’avouer, j’ai eu beaucoup de mal à me projeter dans le futur.

    En mai, on me parlait de Noël mais pour moi c’était fiction.

    Réserver un séjour en vacances, au dessus de mes forces : le faire me semblant prétentieux et ne pas le faire tellement défaitiste !

     

    Dans tes bras c’était bien, au jour le jour.

    Dans tes bras ça me suffisait.

    Et les mois passent.

    Et les années passent.

    On note sur les agendas, on fait des projets.

    De plus en plus lointains.

    Et un jour on demande à sa banque un crédit pour un autre cocon…

    Avec des économies et de la rigueur, 5 ans de remboursements pourraient suffire.

    Cinq ans, la banquière, ça la fait rire !

     

    Moi je suis toute troublée depuis que j’ai réalisé ce que je lui ai demandé…

    Je ne suis pas défaitiste, juste fataliste.

    Je refuse l’espoir en tant qu’exigence, mais je prends tous les bonus inattendus.

    Désirer, c’est s’exposer à une déception, je saisis les bonheurs sans préméditation.

    Je sais bien que je ne pourrais pas tout contrôler, mais bien droite, relâchée sur la mer qui grossit quand vient l’hiver, je peux encore flotter.

    fleur banff.JPG 

     

    Pour 5 ans, pour un peu plus, pour un peu moins, je crois que je veux bien commencer à envisager après-demain.

     

    Et si tu me donnes la main, on ira peut-être plus loin…

     

     

  • un train, la nuit, les Rocheuses...

    ta main.jpg 

    Je t’aime quand tu t’endors

    Quand le sommeil s’empare de ton corps

    Et le mène vers d’autres ports.

    Je t’aime quand tu t’endors,

    Ta main dans la mienne abandonnée,

    J’aime les spasmes qui la font croire hantée,

    Tremblante, juste avant le pays des fées.

    J’aime ces soubresauts,

                                   saouls avant le grand saut

     

    Je t’aime quand tu t’endors,

    A mes côtés

    Presque autant que je t’aime quand tu te réveilles

    A mes côtés.

     

     

     

  • the yellow bus is calling us

     Je suis allée sur le trottoir avec eux, au petit matin

     J’ai joué les enfants

     J’ai joué les Américaines

     Je suis allée attendre le bus

     Jaune.

     Le bus qui amène au savoir, qui amène à l’apprentissage de la vie.

     Je suis allée sur le trottoir avec les enfants de Long Island.

     Et ça riait, et ça criait.

     Très vite ils ont oublié la Française.

     Et le bus jaune est arrivé

     Emportant les espoirs de la nation

     Ces enfants de la middle class qui croient encore que tout est possible

     Et Athina née dans une Afrique où l’on poursuivait sa mère avec une machette.

     028_25A.JPG

     Je n’avais pas remarqué leur discipline

     En rang, les garçons devant.

     Je n’avais pas remarqué non plus que ma peau n’était pas coordonnée…

     

     Trois minutes magiques

     Le bus jaune

     Attendu

     Venu

     Disparu

     Le bus vécu.

     

  • ibis repetita

    Je ne chantonnerais pas le refrain des plus beaux hôtels du monde, je ne vous emmènerais pas dans la steppe ouzbèque regarder les étoiles avant de rejoindre la yourte, je ne dirais pas non plus que le plus bel endroit du monde ressemble aux bras de l’homme aimé…

     

    ibis entrée.jpgAujourd’hui, j’ai hâte…

    Les draps auxquels j’aspire le plus, le coton peigné qui m’appelle le plus fort, sont ceux de l’Ibis de Roissy-pôle.

     

    Terminal 3.

    Terminal toi.

    Point de départ.

     

    ibis ext tarmac.JPGAu pied des pistes, comme un chalet à la montagne d’où l’on chausserait immédiatement ses skis, au pied des pistes, quelques pas, une valise et on décolle.

    Sas de décompression entre le monde et le rêve, passage presque obligé du quotidien à l’exceptionnel, qui revient, qui revient…

    Si impersonnel, si normé, si Accord, si usine et pourtant… juste un petit cocon entre soi, un espace pour qu’éclose notre monde intérieur.

    Lieu de vie international, spectacle permanent, à la réception, dans les salons, des femmes en voile, des femmes à poil, des hommes à barbe, des hommes en short, des femmes en cloque et des enfants qui courent, et des enfants qui courent…

    Et moi au milieu si sereine.

    En attente

    Une pause avant.

    En devenir.

    Comme un supplice, un vrai délice, dompter l’impatience pour vivre pleinement un demain qui s’approche.

    ibis reflet.jpgJe regarde la nuit qui a déjà des odeurs d’ailleurs, je regarde les ombres qui passent, pressent le pas, je suis là, à ma fenêtre, sur le bord.

    Les avions avancent timidement et vont flirter avec la lune, les avions avancent indifférents.

    Demain il y aura à ma place quelqu’un d’autre, en partance ou en revenance.

    Moi, je suis là et je vis, même avant de vivre.

    J’attends délicieusement.

    J’hésite à éteindre la lampe de chevet.

    J’hésite à laisser place à demain pour prolonger le temps d’avant.

    Je le vois déjà, de mon hublot, je nous vois déjà.

    Que c’est beau !

     

    Les vacances commencent là : à l‘Ibis de Roissy-pôle.

     

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