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jeanneovertheworld - Page 14

  • Loca-Terre

    A qui appartient le monde ?

     

    Souvent, en discutant avec ma grand-mère, je la regarde en souriant, avec empathie, je l’écoute, entre admiration et lassitude.

    Elle parle, je l’écoute, la frustration est cependant souvent au rendez-vous.

    J’aimerais partager, partager vraiment, mais souvent je ne fais que prendre en me disant que je profite, très rarement je peux donner, à défaut de quelqu’un pour recevoir.

    Je me dis souvent qu’elle est morte en même temps que Lui, que sa vie s’est arrêtée lorsqu’il nous a quittés. Tous ses souvenirs datent d’avant, lorsqu'ils étaient deux, tous ceux qu’elle aime raconter du moins : les vacances en Tunisie, le camping à Harprich, les bals de la cité des Cheminots…

    Pourtant elle ne se sent pas décalée, pour elle, tout cela, c’était hier, certains hiers étant plus éloignés que d’autres.

    Toutes ses expériences conservent une actualité jamais remise en cause.

    Elle pense que sa Tunisie existe encore, elle voit le sol des salles de bal où on jetait la cire en poudre pour mieux virevolter.

     

    Je n’ai pas le droit de lui dire que son monde n’existe plus…

     

    Un jour, c'est sûr, on oubliera

    Qu'y avait des banquises et le froid

    Des oursons blancs dans nos bras

     ice.jpg

    Un jour, y aura que toi et nous

    Pour prier le soir à genoux

    Que la terre ne nous brûle pas

     

    Un jour, c'est sûr, on oubliera

    Qu'y avait des grêlons, des frimas

    Une mer de glace pour toi et moi

     

    Un jour, c'est sûr, on oubliera

    Qu'y avait des neiges éternelles

    Des hivers longs, des hirondelles


    Un jour, c'est sûr, on oubliera….

     

    ( Des Oursons Blancs Dans Nos Bras -  Yves Simon )

    Je regardais le gris de ses yeux, écoutais le grain de sa voix, en me disant qu’un jour je ne serai plus en mesure de le faire…

     

    C’est vrai qu’elle est dans son monde ma grand-mère.

    Il est rempli d’émotions son monde.

    Plus personne ne le changera, plus personne ne lui volera.

    Elle nous laisse entrer.

    Un peu.

     

    Mais il appartient à qui, le monde ?

     

    J’ai quarante ans de moins qu’elle mais suis-je vraiment DANS le monde ?

    Moi aussi je commence à ne garder du monde que ce qui m’intéresse, à fermer les yeux sur ce qui gène, ce qui est moins beau, moi aussi je commence à laisser le monde passer.

    Je ne pourrai pas le changer, je n’ai que ton cœur à entretenir.

     

    Enfant on attend, on attend d’être grand, on prend notre respiration....

    Puis le temps passe.

    Et le monde passe…

     

    Je ne sais pas à qui appartient le monde…

     

    Nous ne faisons que passer
    Dans l'ombre et la lumière
    Nous ne faisons que traverser
    Des océans des déserts

     

    ( Help myself ! - Gaëtan Roussel )ombres-lumiere-islande-m.jpg

    Je suis déjà vieille, je n’y suis déjà plus.

    Egoistement, je m’en moque…

    Je vis, je croque.

    Et je comprends mieux ma grand-mère.

     

    Je regrette juste que les générations ne puissent que se juxtaposer, se succéder, on se passe un témoin mais on ne court pas ensemble.

     

    Finalement, qu’importe à qui appartient le monde…

     

    Nous le traversons.

    Qu’importe que l’on ne fasse que se passer le témoin..

    Comme une course de fond, nous nous partageons la médaille,

    nous nous partageons la mémoire…

     

     

  • for(t) intérieur

    Je n’ai que mon corps,

    À offrir au regard du monde,

    Rien que mon corps

    Et son ombre.

    Je l’ai arrondi,

    Illusion de douceur,

    Je passe dans cette vie,

    J’voudrais pas vous faire peur.IMGP2032.JPG

     

    Je n’ai que mon corps,

    Une enveloppe discrète,

    Mais lorsqu’il sera mort,

    Attention à qui me dissèque.

    Je n’ai que mon corps ,

    Et je ne laisserai rien

    Que des bonheurs orphelins,

    Pardonne-moi mon amour de te lâcher la main.

     

    Si l’on ouvre mon cerveau on verra

    Les chemins que je n’ai pas suivis,

    Les cailloux sur lesquels j’ai trébuché,

    Les existences que j’aurais pu faire miennes,

    Envisagées l’espace d’une nuit,

    Evanouies au lever de la Raison.

    Je n’ai que mon corps

    Et je ne t’ai jamais accompagné aux diners du siècle,

    Tu ne m’as plus souhaité mon anniversaire, après la messe de 20 heures,

    Je n’ai pas bu à la santé de ton dernier roman,

    Je n’ai pas fais monté les enchères,

    Je n’ai pas applaudi,

    Je n’ai pas repris en chœur le refrain de ce gospel...

    J’ai gouté ces possibles, avancé sur des rives,

    Mouv-hantes,

    J’ai regardé par la fenêtre le vent qui soulève les rêves de mieux,

    Ecarté les rideaux pour bien voir la poussière de Fata Morgana.

    J’ai fermé les yeux et j’ai avancé.

    J’ai laissé partir les trains,

    Je t’ai regardé sur le quai,

    Emportant avec moi

    Les émois.

    Je me suis promenée sur la crête

    Pour regarder l’océan,

    J’ai tendu la main, écarté les bras pour serrer l’univers,

    Je regarde tous les « j’aurais pu »

    Comme on contemple, satisfait, ses enfants doucement s’éloigner pour faire leur vie.

     

    Si l’on ouvre mon cerveau

    On verra sans doute ce que je me suis jurée de ne jamais oublier,

    Mais si l’on ouvre mon cœur

    Qu’on ne s’effraye pas de sa taille

    Il fallait bien cela pour cacher mon bonheurIMGP2134.JPG

    D’avoir suivi ton p’tit bout d’chemin.

    Si l’on ouvre mon cœur,

    Qu’on fasse bien attention

    Il y a un endroit, beau et fragile

    Un endroit qui battra encore

    Et encore

    Même après le raidissement du corps

    Un endroit doux et chaud

    Qui porte ton nom : Kinogo.

  • tic tac, tic tac

     

    thai 6.JPG

    On oublie si facilement

    Que le corps n'en fait qu'à son corps

    Que la tête n'en fait qu'à sa tête

    Et qu'entre les deux, le coeur balance

    Des coups dans la poitrine,

    Des coups dans l'dos

    Jusqu'à ce qu'il s'oublie.

     

     

    (texte 30 juillet 2012 dans le ciel entre Paris et Bangkok
    photo 12 aout 2012, site de Angkor )

  • Madeleine, j'aime tant ça

    L’été dernier, j’ai découvert la plume du polymorphe Benoît Chavaneau.

    http://jeanneovertheworld.hautetfort.com/archive/2011/09/24/sorti-de-la-brume-le-livre-de-l-ete.html

     

    Cet été j’ai cherché un petit livre à emporter, un livre de poche à laisser dans un hôtel après lecture, un petit rien sans trop de pages, avec une histoire légère, une histoire de plage, moi qui ne vais plus au soleil.

    madeleine.jpg

     

     

    Et c’est tombé sur elle, Amanda Sthers et sa Madeleine.

     

    Avec une pointe de curiosité jalouse :

    comment a-t-elle pu me ravir Patrick ?

    Ecrit-elle mieux que moi ?

    http://jeanneovertheworld.hautetfort.com/archive/2009/03/18/image-d-homme-homme-d-images.html

     

    Je lis le quatrième de couverture : " Il l'a vouvoyée. Il n'a parlé de rien. Ni de maisons, ni de ce lit, ni de cette fois. Est-ce un rendez-vous ? Une deuxième visite ? Il a donné l'heure d'arrivée de son avion. Le même, même jour. Déjà deux mois plus tard. Le souvenir est bien là, brûlant sur les cuisses de Madeleine. Est-ce qu'il faut aller chez le coiffeur ? Du noir, ça mincit mais la peur aussi, le lointain. Du marine ? Du marron ? Du temps, pas beaucoup ? Que dit-elle ? Elle dit oui, je vous attendrai. Le silence est long. "Vous me reconnaîtrez ?" essaie-t-elle. Il ne répond même pas. Elle ne sait pas comment on attrape un homme, ils lui glissent entre les doigts comme du vif-argent, et celui-là est bien plus qu'un homme. Il est celui qu'elle aime, celui qu'elle attendait. "

     

    Je prends le roman, comme une évidence, je passe à la caisse.

    Je passe à la douane,

    je m’envole pour l’Asie,

    Jeanne elle aime tant ça

     

    Je n’ai pas trop aimé son style, mais il ne m’a pas gênée, je trouvais juste que sa manière d’amener le mot « sexe » manquait de sensualité, elle a une écriture froide, sèche, détachée.

    Mais je m’accroche à l’histoire.

    125 pages, c’est vite dégusté, mais j’ai la digestion lente.

    Je lis toujours les mêmes livres, les mêmes histoires.

    Celui-ci n’avait pas plus d’intérêt que tant d’autres, mais pas moins non plus pour moi.

    Jusqu’à la fin je me demande ce qu’il va m’apporter.

    Jusqu’aux 10 dernières lignes :

    « Un jour Madeleine mourra d’un cancer, Rémi lui tiendra la main. Elle pensera à Castellot qui a traversé sa vie comme on traverse un couloir. On nous voit et puis plus. On partage sa peau pour un moment qui se sauve. Voilà. Castellot n’a jamais existé. »

     

    Je ne sais pourquoi je cherche, dans un roman, non pas l’évasion mais l’introspection, je cherche à lire mes histoires avec d’autres mots et d’autres lieux, mais les mêmes émotions, les mêmes cicatrices que l'on garde, les mêmes rêves de récidive que l’on tait, les mêmes envies qui tordent le ventre, ce même fatalisme, ce drame à l’Antigone, qu’on ne veut éviter pour le plaisir de se dire qu’on a vécu, ne serait-ce qu’une nuit, une semaine…

    Sans doute pour me rassurer, lire l’universalité au-delà de l’unique d’une vie.

     

    Et cette peur folle de me dire « Castellot n’a jamais existé », comme si une partie de ma vie m’échappait, comme si un morceau de mon cœur s’était desséché, comme une peau morte, inutile.

    Non, je veux me souvenir, de tout, de toi, de nous, de l’émoi, de ce qui fait ce que je suis aujourd’hui, de ce qui fait que j’aime et que parfois je pleure dans un avion en finissant de lire un roman presque quelconque,

    un roman pour moi,

    un roman-moi.

     

     

  • contraste

     

    La vie c’est notre morceau du ciel.

     


     

    ciel.jpg

    Il y a du bleu, oui, mais…

    Mais il y a des nuages,

    Bas,

    Blancs,

    De grosses masses noires,

    Parfois,

    L’Occident enflammé

    Les soirs d’été,

    Des lignes blanches

    Que les oiseaux franchissent…

     

     

     

    La vie, c’est notre morceau du ciel

    La monotonie de l’uniformité du parfait azur

    Ne nous permettrait pas d’en apprécier le bleu.

     

  • adieu les jolis foulards

    Si l’on me donne un micro,

    en cette fin d’année pour le pot,

    je dirai peut-être…

     

    Je pars sans regret, car ma vie est ailleurs…
                                                                                     (LA vie est ailleurs)

    Je pars, mais comme on dit au Québec, « je me souviens »…

     

    Etant à la fois timide et impudique, je n’oserai en dire plus, peut-être les inviterai-je à venir lire mon blog.

    Mais combien savent que j’ai un blog ?

    Combien savent que j'en ai un second, moins sage ?

     

    Depuis que je suis morte,

                                                  depuis que je suis en vie,

    mon emploi est mon travail,

    plus du tout ma vie.

     

    Je pars sans oublier ce que je laisse, et ceux que je laisse.

    Je ne veux pas de rancœur, je ne veux pas de rancune.

    Je pars, je vous aime mais je pars…

     

    Et pourtant j’ai pleuré lorsque j’ai appris ma mutation, et pourtant j’aurai du mal, je le sais, à retenir mes larmes mardi.

    Si ma gorge se serre, c’est le vertige,

    si mes yeux se mouillent c’est l’ivresse, la chute, le vide…

    La Vie.

    Cette Vie dont on n’a pas conscience mais qui fait mal quand on y pense.

     

    Quinze ans dans cet établissement, c’est l’heure du bilan.

    2 400 élèves, 35 000 notes attribuées, 7200 remarques sur le bulletin et même des centaines d’heures de colle… en quinze ans, on  accumule… des sorties à Bliesbruck, à Worms, des concerts de fin d’année, des repas, des galettes des rois, du Beaujolais, des photocopies, des clés…

    mangin clés.JPG

     

    Mais quand on aime on ne compte pas.

     

    C’est vrai que je commençais à trop compter…

     

    Les mômes ont peut-être changé, et moi donc !

    Je suis arrivée bébé-prof, avec ma candeur, les rêves, ma naïveté, mes projets normés.

     

    J'aimerais dérouler la liste des souvenirs, mais tout est blanc, de ces quinze ans je ne vois que cela : j'ai survécu.

    Il n'y a rien pour surpasser cela.

    Et me voilà debout devant eux…

    Bien obligée de voir que la Vie continue.

    MA vie continue.

                                                                Notre Vie continue…

     

    Angoissée comme l’écrivain devant sa page blanche, à moi maintenant d’écrire encore des chapitres et des chapitres, je taille mon crayon et je me lance…

    Ma plus grande jubilation est d'avoir encore à écrire,  moi qui, il y a 4 ans, n'osais envisager une suite.
    J'ai un trac fou devant cette nouvelle vie, mais chaque page que je vais écrire sera une victoire supplémentaire sur la maladie, à chaque chapitre c'est la Vie qui gagne. 

     

    Je sais que ce n'est pas très académique mais j'aimerais commencer ce chapitre par des points de suspension.

     "    .  .  .    "

     

    Points suspendus, faute de pouvoir résumer en quelques mots 15 ans d'une carrière.

    Points suspendus, faute de pouvoir avouer ces émotions secrètes qui pimentèrent la Salle des Professeurs.

    Points enfin comme des ponts suspendus, bras tendus, l'histoire se poursuit, les liens se relâchent mais personne ne pourra effacer les moments partagés.

     mangin globe 1.JPG

    mangin globe 2.JPG

    Je laisse un monde décrépi, qui se décroute,

    Je laisse un monde usé, aux continents effacés, éventré à l’équateur,

    Je laisse des rideaux qui fêtent Halloween même en juin,

    mangin rideux 1.JPGJe laisse deux amies aux cheveux de blé,

    Je laisse une amie à la voix d’or,

    Je laisse des complices à lunettes,

    Et tant d'autres de valeur...

    Mais j’emporte les sourires, les bonjours, les bons mots,

    Bien au chaud au fond de mon cœur.

     

    Merci d’avoir partagé cette partie charnière de ma vie.

    Il ne me reste qu’à … continuer !

     

    C’est moi qui au vécu

    C’est moi qui vais vivre encore !

  • touchante

    « Vous, vous aimez le corps des hommes... » et il regarde mes doigts voyager là, encore et encore…

    Chaque touche sur l’épiderme touchait son âme.

     

    J’aime ça, c’est vrai…et tant encore.

    Le bout des doigts directement connectés au monde.

     

    Pour connaître, il me faut apprendre, dans les livres.

    Pour connaître, il me faut sentir, nez au vent.

    Pour connaitre, il me faut voir, parfois dans le noir.

    Pour connaître, il me faut écouter, même le silence.

     

    Mais je ne te connaitrais pas vraiment si je ne t’avais pas touché.

    Le bout de mes doigts comme clé de voute du savoir, du bout de moi je fais la synthèse de toi, j’assemble le puzzle de l’être et du paraître.

    La main sur toi, je sens et enfin je sais…

    Une main sur ton torse et s’assemblent le doux de ta peau, le chaud de ton corps, le soubresaut de tes soupirs, ivre de la vie qui emplit tes poumons, les vibrations de ta voix qui me racontent, comme un tambour magnifique…

    Une main sur ton torse, c’est tout cela.

    Et ton cœur qui bat, et ton cœur qui bat…

     

    C’est toi et c’est la vie, que j’aime.

     

    Envie de tout connaître, envie de tout sentir.

     

    anemoneverte.jpgAout 2011, aquarium de Vancouver. Le bassin tactile attire les enfants… et moi.

    L’eau froide ne m’effraie pas, j’avance doucement la main, craintive devant l’inconnu mais décidée à vivre.

    J’avance jusqu’à l’anémone.

    La sensation est si étrange, si  nouvelle. Comment imaginer ressentir du sec la main dans un océan miniature ? Je sens le rugueux, je sens le râpeux. Très peu de visqueux, tout baigne. Ce n’est pas doux, c’est mou. Unique.

     

    Tout contact entre deux êtres est unique.

     

    La main dans l’eau,

    La main sur ton torse.

    Je sais, je connais, c’est moi qui ai vécu.

    La main dans l’eau,

    La main sur l’Autre.

    Je le sais, j’ai caressé une étoile…

     étoiles 1.JPG

     

  • Volcanique

    Dorsale Bossale
    Il y a des volcans qui se meurent
    Il y a des volcans qui demeurent
    Il y a des volcans qui ne sont là que pour le vent
    Il y a des volcans fous
    Il y a des volcans ivres à la dérive
    Il y a des volcans qui vivent en meute et patrouillent
    Il y a des volcans dont la gueule émerge de temps en temps véritables chiens de la mer
    il y a des volcans qui se voilent la face toujours dans les nuages
    il y a des volcans vautrés comme des rhinocéros fatigués dont on peut palper la poche galactique
    il y a des volcans pieux qui élèvent des monuments à la gloire des peuples disparus
    il y a des volcans vigilants
    des volcans qui aboient montant la garde au seuil du Kraal des peuples endormis
    il y a des volcans fantasques qui apparaissent
    et disparaissent
    (ce sont jeux lémuriens)
    il ne faut pas oublier ceux qui ne sont pas les moindres
    les volcans qu’aucune dorsale n’a jamais repérés
    et dont de nuit les rancunes se construisent
    il y a des volcans dont l’embouchure est à la mesure
    exacte de l’antique déchirure.

    Aimé Césaire – Moi Laminaire ( 1982)

     volcan bali.JPG

     

     

    Je suis une femme,

    Je suis un iceberg,

    Je suis un volcan...

    C’est pareil.

    En moi toutes les contradictions

    Et les beautés,

    En moi tous les tentations

    Et les secrets,

    Iceberg immergé,

    Volcan endormi,

    Pourtant je suis là.

     volcan islande hiver 2.JPG

    J’aime l’été, j’aime l’hiver

    Aller retrouver mes pairs

    Saupoudrés sur la planète

    Poudrière d’envies.

     

    volcan islande été.JPGDe Yellowstone au Chili

    je sens la terre qui tremble,

    De l’Islande à l’Indonésie

    J’entends la terre qui gronde,

    De l’Auvergne aux Rocheuses

    Je me sens chez moi.

     

    Poussière apaisée et muette

    volcan islande hiver.JPGDebout, je contemple la Vie

    Avec une force venue du fond,

    De ce sang qui coule,

    De cette lave épaisse,

    Sur laquelle naviguent les rêves.

     

    Césaire parlait des volcans comme des hommes

    Mon embouchure, mes amis…

    Mes déchirures, mes amis…

     

    Quand mon volcan sera endormi,

    Quand mon iceberg aura fondu,

    Je sais qu’il restera dans vos yeux de mon feu,

    Je sais que ma moraine témoignera de mon passage.

     

    volcan chili.JPGEn attendant, ne m’en veuillez pas si j’aime tant les volcans…

     

    En attendant, ne m’en veuillez pas si j’aime tant les hommes…

     

     

  • forestière

    foret gondrex.JPG

     

    Promenons nous dans l’émoi

    Espérant que le loup, c’est toi

    Si le loup voulait, je le mangerais

    Si le loup veut d’moi, on s’allong’ra là

    Mon Loulou, y es-tu ?
    Que fais-tu ?
    M'entends-tu ?

  • Carton plein

    Jadis, je jouais au théâtre.

     

    Je ne me souviens pas avoir eu envie.

    théatre.jpgJe ne me souviens que d’Antigone montée par une troupe au lycée, Bérénice vu en prépa… J’aimais le théâtre, mais jamais je ne pensais pouvoir monter sur scène, moi, la petite fille timide, moi la complexée, non, pas possible. Et puis jamais de la vie aussi jolie que cette actrice…

     

    Pourtant j’ai toujours aimé ça : jouer.

    Au papa, à la maman, à la dinette, réinventer un monde, édulcorer, me prendre pour  Cendrillon.

    Les spectacles de fin d’année, les représentations caritatives, c’était pour moi.

     

    lecture.jpgJ’allais à la messe aussi, jadis.

    Pas enfant de cœur, non, pas assez actif, trop soumis, je ne suis pas servante. Mais à l’époque je me retrouvais derrière les micros pour lire les lectures, les prières dites universelles. Actrice. Participante d’un spectacle, succès garanti, spectateurs qui disent toujours Amen !

     

    Un jour tu m’as dis « viens » et m’a emmenée à une répétition de cette troupe, le Carton.

    J’ai eu du mal au début : se donner en spectacle, c’est se mettre à nu, se donner aux inconnus. Mais on n’est pas soi, on est un autre, plus que soi parfois aussi.

    L’atelier reposait sur quelques apprentissages et exercices, puis travaillait l’improvisation avec un sketch à écrire par séance, avec un thème, des contraintes. Nous en avons jeté beaucoup et gardé quelques uns, fameux.

    Un fonctionnement à la Splendide.

    Avec les meilleures créations nous montions tout un spectacle, autour d’un fil d’Ariane.

    Et pour alterner quelques reprises (merci de ne pas trop le répéter à la SACD) : les Brèves de Comptoir, le Père Noel est une ordure… J’étais Thérèse. « Thérèse n’est pas moche, elle n’a pas un physique facile ». A quatre pattes je faisais le cochon par terre, Mortez/Yann derrière moi, pantalon baissé.

    Moi, je n’avais pas tant de plaisir sur scène.

    Parce que c’est un « travail », une responsabilité, une mission. Mais j’ai toujours aimé le faire. J’ai toujours aimé les coulisses, l’envers du décor. J’ai toujours aimé préparer, organiser, répéter.

    Que de bons moments, le Carton, notre famille.

     

    Une association qui tourne avec moins de dix bénévoles également acteurs, ça finit par s’essouffler.

    J’ai revu Eric au supermarché.

    On a parlé du bon vieux temps…

    Le Carton a rempli nos vies pendant presque 10 ans.

     

    … Et quand nous fûmes devenus grands,

    Quand nous eûmes fini de jouer,

    Nous repartîmes faire notre vie,

    ailleurs….

     

    Avec dans le cœur une expérience inoubliable.

    Je prends le micro et je ne saurais trop vous dire… MERCi.

    mair3.JPG

     

     

    C'est moi qui ai vécu ! 

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