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jeanneovertheworld

  • mots d'absence

    Longtemps j’ai cherché à te garder près de moi,

    entre mon cœur et ma tête,

    bien au chaud en haut de la pile de mes souvenirs.

    Pour compenser le silence,

    pour tuer le secret,

    j’avais besoin de hurler au monde ton existence,

    toi qui n’a été que pour moi,

    ces quelques nuits aveugles et muettes,

    saupoudrées sur ma vie.

     

    J’imaginais que cela se voyait sur mon visage,

    qu’on pouvait te deviner dans mon sourire

    et que les gens ne pouvaient attribuer mon regard embué,

    perdu dans le vague,

    qu’à l’existence d’une histoire souterraine extraordinaire,

    hors de l’ordinaire.

     

    J’ai eu peur de t’oublier.

    Ce cauchemar où un AVC t’efface à jamais,

    où un feu réduit tes lettres en fumée,

    la crainte que le réel actuel ait la folle idée de nier le réel d’hier.

    J’ai eu peur de m’habituer.

    J’ai eu peur de te ranger à jamais.

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    L’absence, ton absence, ce n’est qu’une présence à distance.

    Je sais que tu n’es pas là, j’ai froid, mais je sais que tu es, là-bas.

    Ressentir ton absence, ce vide douloureux, c’est encore avoir une place pour toi.

    Dès que je me rends compte que tu ne me manques pas,

    je me mens... puisque tu es toujours présent,

    le sentiment de ton absence est une preuve de ton existence et de ta présence en moi.

     

    Je t’aurais oublié quand je ne me rendrais plus compte de ton absence.

    Quand je ne t’attendrais plus.

    Dis… quand reviendras-tu ?

     

     

    .

  • bon(s) vent(s)

    Octobre 2009, je pose ma valise en Argentine.

    Buenos Aires est une vielle dame ridée, fatiguée, pleine d’histoire(s) dans laquelle j’ai aimé marcher dans la vielle vile sans but, pour le plaisir de m’immerger dans la vie des Porteños, sursauter au son des klaxons des livreurs, boire une Quilmes au comptoir au coin d’une rue, cocher dans mon imagerie d’Épinal tous les must see en parcourant le marché central, le cimetière de la Recoleta en chantant « don’t cry for me Argentina ».

    Et bien sûr divaguer dans le quartier de San Telmo… le quartier de Mafalda.

    Où réalité et fiction se mêlent dans une grande bouffée d’humanité.

    Et m’asseoir sur un banc

    Cinq minutes avec elle…

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    Onze ans plus tard, je ne me reconnais pas.

    Mon bras était encore bandé, on ne le voit pas sur le cliché. Je le sais. 

    On ne le voit plus aujourd’hui.

    Que reste-t-il de nous ?

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    Que restera-t-il de moi ?

     

    Mafalda est sur ce banc, seule.

    Quino est parti.

     

     

    Mais elle reste avec nous et me fait toujours sourire.

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    J’espère te revoir un jour… Mafalda.

     

     

     

    .

  • À Vie

    Il y a un autre homme dans ma vie

    Qui m’accompagne depuis trente ans,

    Sans jamais marcher avec moi,

    Sans jamais me tenir la main.

    Un homme qui est toujours là,

    Dans ma tête,

    Un homme qui n’est jamais là,

    Dans ma vie.

    Il passe sans laisser de trace,

    Il n’y a que mon cœur qui pleure.

    Il vit dans un autre monde.

    Il n’y a que moi pour voir les liens,

    Pour souffrir de cette liberté aliénante

    Il est mon fant’homme.




    Il est entré en moi d’abord par les yeux,

    Par les oreilles, puis il est entré partout,

    Repartant sans claquer la porte,

    Laissant à jamais son sceau d’homme.

    Sa cicatrice ne se referme pas,

    Elle me fait parfois mal

    Mais personne ne la voit.

    C’est lui, mon premier mélan’homme.




    Je sais qu’il me voit, qu’il me lit parfois.

    Je le vois de loin, sourire, montrer son travail.

    Pierre, Paul ou Jacques, qu’importe,

    Cet amour dépasse sa personne.

    De lui, mon cerveau a fabriqué

    Un être parfait, un être magique

    Fait de souvenirs et de désirs

    Qui me calme et m’excite,

    Qui m’apaise ou me baise,

    En rêve ou pas, chi lo sà ?

    Comme un onguent qui me maintient envie,

    Le réel, le tu, le su, quelle importance ?

    Il est un autre homme dans ma vie

    Qui affole mon cœur, trouble ma voix,

    Qui apparaît et disparaît

    Et me laisse là, souffle coupé,

    Il est mon fant’asthme.




    J’ai cherché à l’oublier,

    À conclure l’histoire,

    À combattre le mâle par le mal,

    Mais les impasses réconfortent

    Et on ne s’ampute pas le cœur.

    Je ne marche pas seule dans les rues,

    Il est temps que je m’habitue.

    Il est un autre homme dans ma vie,

    Un gardien, un geôlier, mon oxy-gène.

    À vie.



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  • les portes

    Couloir de ma vie,
    Couloir de la mort ?119921638_1190762197958715_5253546559735790626_n.jpg

    Je déambule ici en espérant ne pas me tromper.
    À la première porte, un crabe m’attrapa le bras.
    Troué, rapiécée, je m’en sors toute décoiffée.
    Devant la deuxième porte, je vomis mes tripes.
    Opération à bide ouvert, un type en extirpe
    des miettes de crabe que mon corps digérait mal.
    Deux fois ouverte, recousue, j’en m’en sors chiffonnée.
    À la troisième porte, nouvelle tactique, nouveau front,
    La faucheuse manœuvre en douce, attaque par derrière.
    Coup de bistouri dans le dos, compresses rouges, laser.
    J’aime presque avoir mal, la mort arrachée aux forceps
    Je m’en sors, chancelante...
    Qui a dit chanceuse ?
    Putain de couloir !
    Je me relève.
    J’avance.
    J’ai mal.
    Je suis en vie.

    Et toi mon mâle-heures, viens me donner la main, poussons la neuvième porte
    Avant que la lumière ne s’éteigne dans ce couloir.

     

  • In ze pocket

     

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    Elle se promène avec un Lush dans la poche.
    Elle se promène avec un homme en tête.
    Elle attend qu’il vienne, là derrière, et qu'il la prenne.
    En attendant elle tremble, en l'attendant elle vibre.
    Elle se promène dans la vie avec son secret dans son jean.

    Serpent tentateur contrôlé par son Créateur
    Ressuscitée par le désir du premier homme,
    Elle ne veut résister, d’Adam elle croquera la pomme.

    Il est son souffle, comme un cœur qui bat quelque part, loin, la maintenant en vie ici.
    Il est cette éternelle attente qui fige le temps.
    C’est une souffrance qui lui dit « tu es en vie ».
    Jamais sa plaie ne se refermera,
    Seule la mort mettra fin à ces liens.

    Elle veut qu’il l’emmène dans l’autre monde, dans leur monde,
    dans ce réel qui n’existe pas.
    Dans le noir plus de passé, plus de futur, plus de tumeur, rien que l’instant suspendu.
    N’être personne, revenir à soi, nue.
    Retour aux sources, au cocon virginal, à la matrice.
    Stade fœtal, stade anal.

    Vite...

  • contrecoup

     

    Coup de poignard dans le dos

    La mort tente une nouvelle approche

    La salope n’a pas le courage de me le dire en face

    Elle attaque par l’arrière

    Pensant que je la laisserais fairedos.jpg

    Pas vue pas combattue

    Par derrière, niquée, enculée...

     

    Sa faux m’entaille le dos

    Me met à genoux

    Me fait plier

    Me fait pleurer

     

    La mort frappe à ma porte

    Frappe encore

    Je ne lui ouvre pas

    Sutures, double nœud

    Casse-toi !

     

    Je suis roseau

    «Je plie et ne romps pas »

    J’esquive, je me couche, je suis à terre

    Mais je relève la tête

    Fatiguée, décoiffée mais en vie.

    Je suis lasse…

                                JE SUIS LÀ !!!

     

     

    .

  • sur le coup

    Quand tu veux pleurer et que tu n’as pas vraiment de larmes,

    Quand ta gorge est serrée et que tu as mal à reprendre ton souffle.

     

    Quand le dermatologue veut impérativement te voir avant de partir en vacances, tu te doutes bien que c’est pas pour te faire choisir ses maillots de bain…

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    «  C’est un mélanome. »

    Il a juste oublié de dire « encore ».

     

    Jeudi dernier, je me souviens bien avoir pensé, en descendant les escaliers du collège après ma journée de travail «  je suis bien, tout peut s’arrêter ».

    J’ai des projets, j’espère les réaliser et pourtant…

     

    Tout peut s’arrêter, ça veut dire « je n’ai rien à regretter ».

     

    Mais là, sur le coup, une heure après, le réel dans la gueule, j’ai mal.

    Je n’ai pas peur de mourir, d’ailleurs ce deuxième mélanome est minuscule, cent fois plus petit que celui auquel j’ai déjà survécu.

    Merde, j’ai dit deuxième et pas second, je me fais déjà une raison...

    Je n’ai pas peur mais je suis fatiguée, je sais ce qui m’attend.

    Chirurgie pour tenter de tout enlever. Examens, vérifications, examens…

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    Je suis prête à mourir, mais putain que c’est bon de vivre !

     

    Demain j’aurais moins mal, j’aurais sans doute repris mon souffle, je retournerai travailler.

    Je sais bien que je suis en marge du monde.

    Tous les petits énervements de votre quotidien me sont tellement dérisoires.

    Aux yeux de mes collègues je passe pour une sage, une philosophe qui sait relativiser et positiver.

    C’est juste que je suis ailleurs, dans une autre dimension, celle de ceux qui sont déjà morts.

     

    Qu’est-ce qui a vraiment de l’importance ?

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    Les moments partagés.

    Ces instants uniques.

    Mon vécu avec toi.

  • Super Jaimie, c'est moi !

     

    De la télévision de mon enfance restent de nombreux souvenirs de dessins animés, j’ai grandi le mercredi après-midi avec Dorothée.

    Le reste de la semaine on regardait peu la télé, à part le dimanche où le repas se prenait dans la salle à manger devant l’écran alors que le reste des repas se déroulaient dans la cuisine, avec la radio.

    J’étais encore de ces enfants qui vont jouer dehors, qui partent des heures dans les rues avec leurs copains sans que les parents sachent où ils sont, sans que les parents s’inquiètent.

     

    J’ai eu cependant le droit de regarder une fois par semaine ma série à moi, le mardi soir, parce que le mercredi il n’y avait pas école, j’avais le droit de veiller un peu.

    Le mardi soir passait Super Jaimie.bionic woman.jpg

    Pendant féminin de l’Homme qui valait 3 milliards, je me passionne pour cette femme, elle va devenir mon image féminine de référence.

     

    Super Jaimie, c’est moi.

     

    Officiellement, elle est une prof.

    Elle a un accident, elle a survécu.

    Elle travaille en secret pour le gouvernement. Elle a une vie que personne ne soupçonne, à chaque fois, elle endosse une autre identité pour les besoins de l’enquête, infiltrée.

     

    Je n’ai que de vagues souvenirs des histoires des différents épisodes, je ne ferai donc pas ici la sociologie de la série, juste ce que ma mémoire a retenu.

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    À bien y réfléchir, grandir avec Super Jaimie pour une fille, c’est intéressant.

    À part une romance récurrente avec Steve Austin, l’homme qui valait trois milliards, c’est une femme indépendante, une héroïne active, qui sauve des vies.

    C’est une femme intrinsèquement très belle mais qui ne joue pas sur la sexualité ou la sensualité pour exister. Elle n’est d’ailleurs pas très bien habillée, elle est tout le temps en train de courir ( donc en pantalon ) ou de s’entraîner en survêtement… c’est elle qui porte la culotte.

    D’ailleurs être une femme ne change rien, elle mène les mêmes enquêtes, elle ne passe pas l’aspirateur et n’a pas de gosses.

     

    Super Jaimie, c’est moi.

     

    Je suivais tellement cette série, enfant, que mon oncle m’avait surnommée « BIONIQUE ». Encore aujourd’hui il m’appelle ainsi, et j’en suis fière.

     

    En repensant à cette anecdote, je cherche sur le net et tombe sur cette photo…

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    Super Jaimie, c’est moi !

    C’est évident !

     

    sp v.PNG

     

    Tiens...

    Je regarde cette autre photo et je me dis…

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    Vous ne trouvez pas que Lee Majors à l’époque de la série ressemble à Bruno Masure ?

    Mais ça, c’est une autre histoire...

  • Raconte-toi

    Qui est ce type qui passe à la télé et s’éclate à tout dézinguer ?

    Pourquoi répond-il à cette fille qui lui demande des conseils pour des études de journaliste ? Combien reçoit-il de lettres ? Il est qui lui, est-il journaliste ?

    Qui est ce type qui propose à cette fille d’inventer des histoires, de jouer, de se jouer, c’est quoi cette complicité qui naît ?

    Qui est ce type qui lui propose de coucher, sans se parler, sans se voir ?

    Qui est ce type qui lui demande ensuite de coucher les mots ?

    Qui est ce type qui fut son premier ?

    C’est quoi cette relation sans quotidien dans le noir de chambres anonymes, à la marge du monde ?

    C’est quoi cette histoire qui somnole et reprend son souffle par à-coups comme pour repousser l’amor ?

    Qui est ce type qui fait sa vie, puis qui la cherche ?

    C’est qui ce type qui revient taper à sa porte, caché derrière un crabe, qui l’accompagne, qui lui tend la main sans jamais la prendre ?

    BH6.jpgPourquoi s’efface-t-il sans qu’elle ne puisse l’oublier ?

    C’est qui ce type qui veut refaire le chemin, qui veut parfaire les gestes, encore une fois ?

    C’est qui ce type qui ne donne rien mais s’inquiète, s’informe ?

    Pourquoi la vouloir en corps ? Pourquoi l’allécher ? Pourquoi la lécher ?

    Viendra-t-il la sauver, l’assommer, la sommer, la tuer ?

     

    Raconte-toi !

     

    Tableau : Philippe Ketterlin

     

    https://www.youtube.com/watch?time_continue=2&v=lL2UY1CcJuE&feature=emb_logo

     

     

     



  • la semaine des quatre jeudis

    jeanne.jpgLe confinement m'a replongée dans mes archives.

    Je vous soumets ce texte érotique qui est un de mes préférés.

    Tous droits réservés.

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