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jeanneovertheworld - Page 19

  • J'irai manger sur la Terre

    Dans ma famille on mange comme on aime : parfois mal, parfois trop, mais avec passion.

     

    Et toujours aussi on vide son assiette…

    De là sans doute mon obsession des adieux, des histoires qui se finissent.

     

    J’ai déjà fais quelque kilomètres sur la planète, traversé l’équateur, flirté avec les tropiques, nagé en eaux troubles ou pacifiques, flotté sur des mers mortes ou touché les fonds sans marin.

     

    Et chaque fois, quand je rentre en mes terres, les anciens me demandent «  est-ce que tu as bien mangé ? », seule chose à laquelle ils peuvent se raccrocher, ne comprenant que peu ce qui m’attire vers les terres stériles, vers les volcans et les glaciers, ce monde qui leur est inconnu, ce monde qui me prend aux tripes… La seule chose qu’ils espèrent est le plaisir de mon estomac.

    Et souvent, je les déçois.

     

    Je ne vais pas au monde pour manger, mais pour vivre, et je mange donc en conséquence.

    Mais je découvre, je m’adapte, de Poffidges hollandais en Ebelskivers danois, je goute à toutes les spécialités et ne prends jamais de steaks-frites.

     

    dessert.JPGJe me souviens d’une fougasse à la fleur d’oranger achetée au Grau du Roi avec mes parents quand j’étais enfant, d’une Seafood Chowder en Acadie, de la sauce qui crépite sur le riz soufflé en Chine, du pain au chorizo que nous achetions à Estoril, sur le marché, je me souviens les lieux, des personnes, des pubs, de toi, mais finalement peu des mets, moi la connaisseuse gourmande.

    J’ai plus bu que mangé, j’avoue. Une caipirinha à Copacabana, un Cuba Libre à Cienfuegos et des pintes, et des pintes all over the world… et des bières et des bières, blanches, blondes, brunes ou rousses…

     

    Sans réfléchir, ça m’est venu ce matin, la conscience du bon, par la conscience du manque.

    bouffe bali 2.JPGDe tous les voyages, de toutes mes découvertes gustatives avouables, j’en veux encore : Bali.

    Moi qui ne suis pas carnassière à outrance, moi qui aime le doux et le fort, moi qui n’aime pourtant pas tant le riz, j’ai aimé Bali.

    J’y ai retrouvé la sauce Satay qui troublait déjà mes sens lors de dégustations africaines avec sa cousine Mafé, j’y ai aussi gouté tous ces fruits magiques : dragon fruit (pythaya), snake fruit (salak) mangoustan…

     

    On va pas en faire tout un plat, mais je vais juste nous faire une petite salade ce soir…

     

    <3

     

  • mon père, ce héros terroriste.

    C’était dans les années 1970.

    Chez moi, la Border Line, y’a toujours eu une frontière, que l’on traversait parfois, tête haute, fière. Je sais bien que l’herbe n’est pas plus verte de l’autre côté, elle était souvent plus kakie pour tout dire.

     

    Malgré l’histoire de mes grands-parents, la frontière, depuis ma naissance, on joue avec, de guerre froide en union, de grève du zèle en libre circulation. On sait dépasser les limites tout en sachant très bien de quel côté on se situe.

    Souvent on faisait le mur pour gagner 200 francs, puis on a franchi la ligne pour économiser 30 euros.

     

    Quelques kilomètres pour voir que l’étranger est un autre, plus étrange par ses us que pas des coutumes semblables, pour voir que les hommes sont les mêmes mais qu’on n’entend rien à leur germanique latin.

     

    C’était dans les années 1970.

     

    Mon père allait acheter de l’essence de l’autre côté, après son poste de travail.

    La nuit.

    Dans le noir.

    Il passe la douane.

     

    La bande à Baader est en fuite, la tension monte, le rideau tombe aux limites.

    Et mon père se retrouve menacé, mitraillette sous le nez.

    La housse de la banquette arrière de la voiture, trop petite, mal adaptée, fait comme une tente entre le sol et le dossier… Sans doute cache-t-il des armes… Cet homme est dangereux…

     

    2cv.jpgMon père sous les mitraillettes au milieu de la nuit, à la frontière du réel, tente de passer de l’autre côté du miroir, aux alouettes, à l’essence, sans saisir le sens de ce déchainement.

     

    Mon père, le terroriste en deux chevaux orange…

     

  • troublée

     routegalcier.JPG

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Me promener avec toi,

    Dehors dans le froid

    Dans cette vie, sur ce chemin-là,

    Avancer à tes côtés,

    Lancer quelques mots en l'air

    Et laisser le souffle de la vie jouer avec...

     

    Je sais bien que ce vent fera comme toujours pleurer mes yeux,

    Je sais bien que j'aurais très froid aux doigts,

    Je sais bien qu'il y aura trop d'oxygène dans mes poumons et que ma tête tournera…

     

    J'aime penser que je pourrais trouver des excuses à cet état là.

     

  • sous l'édredon, la rage

    .. faut se vautrer,

     la vie c’est comme un oreiller :

    éponge à larmes,

    dormir dessus,

    puis se réveiller

    et vivre,

    si on n'est pas mort...

    couette 3.JPG

    … faut s’abimer,

    voler dans les plumes

    s’enfoncer dans la brume

    accrocher les rêves à la corde

    évaporer l’humidité des nuits chaudes

    ne garder que la fragrance authentique

    l’essence, des gouttes de rosée d’Afrique.

     

    …faut s’allonger,

    Se r’trouver dans d’beaux draps

    Tirer la couverture à soi

    Soulever, dévoiler, toucher du doigt

    Les replis de l’âme, les plis de l’homme

    Glisser sur le coton peigné, toute ébouriffée

    Déboussoler la faux, être, puis seulement, seulement là, s’endormir.

     

  • L’homme noir qui lit, là-bas, assis.

     

    Je suis allée visiter la cite de l’immigration. Je cherchais un musée, quelque chose d’un peu nouveau à visiter à Paris, j’ai suivi le conseil d’un ami.

    Ce musée est situé Porte Dorée, ça serait amusant si ce n’était pas cynique.

    Moi, je suis géographe, l’étude des flux et des hommes, on ne me la fait pas : les périodes, les modes, les besoins derrière l’humain et l’info manipulée par une cartographie aux couleurs bien choisies pour parler à l’inconscient de celui qui ne décode pas les légendes.

    PICT0460.JPGJ’ai visité Elis Island.

    C’est un peu pareil, rayon bonne conscience.

    Et les mêmes expositions sur les monticules de valises, ça m’a rappelé Auschwitz, je n’ai pas pu m’empêcher la comparaison…

    Les conditions de vie précaires, l’eldorado, l’intégration….

    Le miracle du melting-pot…

    The Star-Spangled Banner comme la Marseillaise, abreuvée de sang impur…

     

    L’histoire c’est bien, la vie c’est maintenant.

     

    On en est où avec l’immigration ?

    tong.jpgMoi, je dis aux enfants que nous sommes tous fils d’immigrés, moi qui ne suis pas uniquement Border Line, qui suis une fille à la frontière. Et y’a toujours un pour dire que lui est un Vrai Français, y’en a toujours un pour exclure au lieu de s’interroger sur sa propre identité, y’en a toujours un pour faire des catégories, pour classer par couleur, par sonorités de prénom, toujours un musulman pour dire «  les Juifs, ils… » et m’assurer qu’il en est ainsi, même s’ils n’en ont jamais rencontré un. Ils sont jeunes, je me dis qu’il y a encore de l’espoir, mais je sens bien que parfois ils répètent mon cours sans y croire, par automatisme. Moi-même, j’ai du mal à les imaginer libres plus tard. Quelle réalité de l’égalité vont-ils connaître dans leur vie, quelle est leur marge d’évolution hors des déterminismes sociaux ?

     

    Pourquoi on a mis la Vie dans un musée ?

     

    CIMG5517.JPGOn trouve une étrange image de l’immigration dans ce musée.

     

    Certaines expos sont très bien faites, scientifiquement irréprochables, des témoignages  précieux aussi.

    J’ai beaucoup aimé cette « sculpture » intitulée « la machine à rêve »  de Kader Attia : un mannequin habillé en « hallal » devant un distributeur d’objets symboles d’intégration : préservatifs, rouge à lèvres, passeport, sous vêtements affriolants mais aussi chador. Conflit d’identité.

     

    Que me dit ce musée, à part les expos ?

     

    On a beau être à Paris, je n’ai jamais vu autant de « minorités visibles » employées, c’est même trop.

    Mais ce que me dit le musée se trouve au rez-de-chaussée.

    voaygeur.JPGJe ne parle pas des manifestations devant la porte en faveur des sans papiers. Le rez-de chaussée est un asile pour demandeurs de droits. Des familles entières trainent par terre, beaucoup d’homme seuls aussi, presque tous africains. Ils jouent au baby foot pour tuer un temps qui ne leur apportera rien. Ils jouent à côté d’un panneau où est notée cette belle pensée « un voyageur pour être sans bagage n’a pas pour autant la tête vide »… Je leur souhaite de ne savoir lire le français, pour ne pas devenir amères.

    Souffrances, sous-France

      

    Au sous-sol de la cité de l’immigration un autre musée : un aquarium, pour nager encore plus en eaux troubles ? Se faire bouffer par les caïmans ?

     

    Je sors de ce beau bâtiment art-déco sans réponses, pleine d’interrogations : sur moi, sur mon pays, sur le monde.

     

    Juste avant de repasser le contrôle de sécurité, je le vois...

     L’homme noir qui lit là-bas, assis.

     

    CIMG5528.JPG

    Il s’est isolé des autres, ceux qui tapent le carreau ou la balle de baby.

    Il n’est pas chez lui, il n’est pas en France, il est avec les mots qu’il ne quitte ni des yeux ni du doigt.

    Il a trouvé la liberté.

    Il lit.

    Je le regarde un long moment.

    J’ai très envie d’aller m’asseoir à côté de lui.

    Envie d’humanité.

     

    http://www.histoire-immigration.fr/

     

     

     

  • haïku

    ma propre route,

    mes sales déroutes.

     

    route nuit.JPG

    20 janvier 2011 20 h 52

  • Le thé chez les Kiss

    Tu m’en  avais souvent parlé mais je ne les connaissais que de nom, sans trop savoir pourquoi tu passais les voir alors qu’il n’y avait pas d’actualité.

     

    La porte s’est ouverte et le sourire de Nina a effacé mes réticences de fille timide qui n’ose pas aller si facilement vers les autres, vers l’inconnu.

    Et la petite dame m’embrasse  comme si j’étais sa fille, et répète mon prénom pour me faire sienne.

    Et le maitre arrive, chétif, amoindri, vouté mais souriant.

    kiss café.jpgOn s’installe sans manière autour de la table, elle prend les fleurs et lui conserve le papier alu et le papier froissé, déjà une sculpture nait dans ses mains, déjà ses yeux brillent de la matière et des formes.

     Au milieu de sa septième décennie, il n’a plus rien à prouver, il vit encore, il est, même si trop peu de gens le connaissent.

     http://www.republicain-lorrain.fr/fr/permalien/article/1022100/Sandor-Kiss-chevalier-des-Arts-et-des-Lettres.html 

    Il a perdu de sa superbe, mais je doute qu’il en ait jamais eu, il est artiste malgré lui, c’est en cela que l’on voit le talent.

    Il ne le fait pas exprès. Lorsqu’il fait bouger la matière entre ses doigts il n’a plus d’âge, la joie habite son être, il vit en dehors de son vieux corps.

     L’armoire qu’un préfet du Sud lui a command attend dans le salon qu’on vienne la prendre mais maintenant qu’il est vieux et presque oublié il a retrouvé la joie de créer sans commande, regrettant parfois quelques œuvres qu’il avait du adapter aux gouts des donneurs d’ordre, du temps où il fallait bien manger.

     Il parle du Budapest d’avant, de sa chienne si bien dressée qu’elle n’a jamais connu la laisse, juste une cravate, le temps de faire semblant et de gagner un concours.

     Sandor  parle et Nina le laisse parler, il parle et elle le regarde.

     Plus d’un demi siècle partagé et elle l’admire toujours autant.

     Il créait, elle nettoyait, il créait, elle était là.

     Et il sourit et il la regarde.

     Parfois ils ne se comprennent pas, il change la pile de son sonotone, elle connaît tant ses histoires qu’elle le laisse raconter sans trop écouter.

     Elle n’a pas fini de l’aimer.

     Pour célébrer notre rencontre je dois choisir dans les carnets de dessins du maitre.

     Paysages, visages ou nus. 

    kiss litho.JPGJe souris et n’hésite pas, je ne cherche pas le plus beau, je cherche celui qui est pour moi…

    Une femme nue, allongée, offerte mais pudique.

    Et rouge, la seule en rouge.

    Le sang.

    Au dos une autre femme, presque la même, floue et sombre.

    La nuit.

    Pour moi aussi.

    Et Nina, fière, amoureuse, vérifie que les œuvres sont signées.

     

    Tu m’en  avais souvent parlé mais je ne les connaissais que de nom, sans trop savoir pourquoi tu passais les voir alors qu’il n’y avait pas d’actualité.

    Maintenant je sais pourquoi, il n’est pas besoin d’actualité pour aller voir des gens qui ont une telle humanité.

     

     

  • Ronde de nuit

    J’avance dans le noir

    je n’ai fait que choisir la direction

    sans connaître la finale destination.

     

    J’avance dans le noir

    c’est toujours la même route…

    ne serait-ce pas déroutes ?

     route nuit retour.JPG

    J’avance dans ma nuit

    en cinquième vitesse

    ivresse, peur que cela cesse.

     

    J’avance dans ma nuit

    il n’y a que devant, dans la lumière

    il faut avancer, digérer hier.

     

    J’avance dans le soir

    sans notion des distances parcourues

    sans rayons du soleil, temps suspendu.

     

    J’avance dans le soir

    j’en arriverais  presque à oublier

    le clignotant pour retourner…

     

    … chez cette femme

    que j’appelle Moi.

     

  • mâle à modeler

    Et l’homme est arrivé...
    Et l’homme a poussé la porte de cet univers de femmes.
    Et plus rien n’a été comme avant.


    Dix ans que je fréquente ce groupe de l’atelier « terre » ouvert à tous mais fréquenté en quasi exclusivité par des femmes, de 16 à 65 ans.
    Quelques enfants, quelques papas poules, quelques artistes mâles, mais que de passage.
    Et l’homme est arrivé.
    Un vrai, grand et fin, les traits marqués, anguleux, poilu ce qu’il faut, jeune mais pas trop, carré, timide mais finalement pas tant que cela.
    Un homme.
    Pas un rigolo, pas un travelo, un homme, comme descendu d’une autre planète.


    Et depuis qu’il est là, rien n’est plus comme avant.


    Tous les mots que l’on employait, notre fausse innocence, tout cela devient provocation, allusion, jeu de séduction ou d’affirmation.
    poterie sex 1.jpgElle n’est pas trop molle ?
    Mouille un peu !
    Toutes les formes oblongues deviennent phalliques, tout se connote de rose.
    Depuis que l’homme est là, nous avons perdu notre innocence sans avoir risqué notre vertu.
    Tous les outils deviennent accessoires et les conseils anatomiques pour l’ébauche d’une sculpture de nue deviennent débauches.
    Nos petites manies, nos chansons « et tu tapes, tape, tapes, c’est ta façon d’aimer » deviennent odes au sadomasochisme ou à la luxure.
    Chaque geste même.
    poterie sex 2.jpgCe qui m’est le plus insupportable, ce qui me trouble le plus, c’est lorsqu‘il prend la batte à pleine main pour donner forme à son pain de terre, lorsqu’il frappe sur la glaise humide. Ce bruit, cette musique presque, un tapotis comme le clapotis des chairs intimes, et il frappe plus fort, et mon imagination s’envole…


    Et je censure…


    Et il est parti en regardant ma théière et en me demandant :

    « vous avez la queue bien en main ? »

    ...

  • a walk on the wild side

    brook NY manhattan.JPGNew-York.

    Rêve familier devenu réalité, trois fois vérifié.

    1996.

    2002.

    2006.

    Des souvenirs,

    des délices.

     

    Des tours, des détours.

    Deux tours,... puis sans tours.

     

    Grand Central, Central Park, Park Avenue, l’Onu… 

    Je déambule dans les rues,

    de parc en square,

    au soleil ou dans le noir.

     

    Nos nuits à Manhattan, dans le Bronx, à Long Island...

    Nos nuits dans la vie, dans la ville, paupières ouvertes comme des fenêtres sur un autre monde.

    brook NY.JPGUn univers grouillant, fumant, bruyant et pourtant…

    Irréel, réellement magique.

    New­-York n’est pas une ville, c’est une planète.

    Newark, Kennedy Airport en sont les portes.

     

      

    Marcher dans les rues.

    Voilà ce que je fais.

    Rien que ça et surtout ça.

    Je ne fais jamais rien d’autre.

    Ressentir.

    Vivre.

    Etre.

    Nous étions arrivés balancés par des filins d'acier
    Manhattan Bridge
    Du haut de nos chevaux nous regardions les fumées
    Brooklyn bridge
    De l'asphalte, des morceaux de pneus, de la gomme et des souliers
    Queenborough bridge
    Pour qu'elle puisse s'envoler

    East River

    East rêveuse.

     

    Rejoindre Manhattan à pied.

    Par le pont.

    Brooklyn Bridge.

     

    brooklin peid.JPG

    Partager la chaussée de bois avec les rollers, les vélos et les autres, bêtes à poils et bipèdes épilés.

     

    Sentir vibrer les câbles, sentir gronder le tablier secoué par les trucks, comme sur le dos d’un monstre de fer, sans avoir le trac.

    Et les voitures qui passent indifférentes sous nos pieds, asphalte surchauffé.

     

    Regarder Manhattan s’approcher lentement, comme un mirage qu’on apprivoise, pas à pas, avancer doucement, hypnotisée, entrer dans la ville par l’Orient, dépasser le Pier Seventeen, voir les immeubles de verre, le clocher de la mairie, les berlines, les taxis jaunes…

     

    - Monsieur Grégory Corso, qu'est-ce que la puissance ?
    - Rester au coin d'une rue et n'attendre personne.

     

    brooklin habans.JPGTraverser Brooklyn Bridge,

    c’est comme être en dehors et dedans.

    Ailleurs et dans le rêve.

    Nulle part et au cœur.

    Entre deux rives, pas à la dérive.

     

    Across Brooklyn Bridge.

    Nothing more.

    Nothing less.

     

    C’est moi qui ai vécu.