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jeanneovertheworld - Page 12

  • ego volcano

    Je suis la femme volcan.

    Tout est calme, reposé, entends-tu les clochettes tintinnabuler ?

    Tout est calme. Et soudain...

    Je suis la femme volcan.

    Sous ma peau bout le sang, rouge de vie, noir de mort.

    Dans mon ventre se cache l'informe,

    informe se mélangeant jusqu'à l'émoi, parfois,

    informe se mal combinant jusqu'à l'infâme.

    Je suis une femme volcan, douce et paisible,

    feignant l'innocence insipide.

    La bise au contact de mon cœur bouillant

    se réchauffe et devient brise,

    la braise à mon ventre grouillant

    s’échauffe et devient baise.

    Viens, pénètre ma chambre magmatique

    et dansons !

     

              Je tremble.

              Mon corps se fissure. Lave-ocean-3.gif

              Et érupte.

              Mes entrailles sur la table.

              Ça dégouline d'amour.

              Ça dégouline tout court,

              lave d'hémoglobine,

              giclée ardente.

     

    Tout est calme, reposé.

    Je regarde le cratère, médaille des pores.

    Je regarde la faille, comblée, cicatrisée.

    Entends-tu l'immonde gronder, la braise encore crépitante ?

    Entends-tu le ronronnement petscannien, ressens-tu la chaleur irradiante de mon corps, irradié ?

     

    Je suis la femme volcan,

    qui retourne aux volcans,

    endormis ou ruisselants.

    J'irai mettre mes pas dans cette terre qui m'accueillera quand je serai volcan éteint

    je m'en vais, voir mes frères pacifiques.

    diamond-head-crater-wm.jpg

     

     

  • Phénix

    Elle est ressuscitée, la Nature :lupin-bleu-c3l.jpg

    Pousses tendres, feuilles vertes et fleurs azur.

    Elle est ressuscitée, la Nature :

    Éclosent, explosent les boutons de roses.

    Partout le vert se décline,

    Inédites nuances qui fascinent,

    Ça sent la vie qui dégouline,

    Inédites fragrances se combinent.

    La sève jaillit, comme une folie,vert 2.jpg

    Comme une ivresse qui irradie.

    Elle est ressuscitée, la Nature

    Portant tous les espoirs dans sa verdure.

     

    Elle est ressuscitée, la Jeanne.

    Jusqu'à l'automne.

    Elle est ressuscitée, la Jeanne.

    Et puis : l'hiver.

  • traces

    1.PNG

     

       J'ai une fascination pour les cicatrices,

       les plaies, les bosses,

       les boursouflures,

       les rides

       et toutes les traces du temps.

       J'aime ces déformations de mon corps.

    2.PNG   Je ne sais pas d'où cela vient,

    cette peur de ne pas avoir vécu,

    cette peur de ne pas être en vie.

    J’aime les traces du temps sur moi,

    les blessures,

    les marques indélébiles.

    Comme si j'avais besoin de ces signes extérieurs

    pour rappeler au monde ce que je suis à l'intérieur.

    4.PNG  Je sais d'où cela vient :

       du silence au monde,

       tenir secret un pan de nos vies,

       je sais que cela a existé

       mais les autres restent hors de ce monde,

       aveugles tenus dans l'ombre. 

     

    Je regarde mon corps et je lis mon histoire.

    Chaque imperfection est un témoignage de vécu qui me rassure.

    « c'est moi qui ai vécu ».3.PNG

    Et qui vit.

    Encore.

     

     

     

  • Toujours des mots, les mêmes maux....

    Je me fais un devoir de passer du temps avec ma grand-mère, 84 ans maintenant.

    Un devoir, c'est comme une obligation, c'est vrai que je me force un peu, parce qu'inévitablement je sais que ces visites vont prendre fin un jour.

    Je vais la voir pour l'écouter. Dès que quelqu'un passe sa porte, sa langue se délie, la solitude brisée, c'est une irrépressible logorrhée. Ce n'est pas un dialogue, c'est vrai qu'elle est un peu sourde, elle est si pressée de raconter et de re-raconter qu'elle écoute peu ce qu'elle n'entend pas. Elle raconte tout à partir de ses 14 ans, lorsque, certificat d'étude en poche, elle alla travailler dans un atelier de confection, c'était là le vrai début de sa vie. De 14 ans jusqu'en 1995, date du décès de son grand amour. Elle n'a plus de souvenir au-delà, vivre sans Lui n'est que lui survivre.

    Et hier une phrase :

    " - on habitait Buchenwald "

    Perplexité. Se pouvait-il que, bercée par le ronronnement répétitif de sa voix, je me sois endormie à ce point ? Je sais qu'elle passait clandestinement en Belgique, ramenait quelques morceaux de d'étoffes et de chocolat, je sais qu'elle allait en train en Normandie, chercher du beurre et autres produits fermiers mais ce n'était qu'une enfant, pas une résistante, pas juive, pas communiste, pas noire, comment pouvait-elle se retrouver à Buchenwald, j'ai vraiment du dormir, ou mal comprendre....

    Devant mon visage perplexe, elle m'explique :

    " C'était un ancien camp de prisonnier, on appelait ça Buchenwald, on habitait dans les anciennes baraques..."

    MERICOURT_CAMPS_DE_PRISONNIERS[1].jpg

    J'ai fait des recherches, aucune trace de ce surnom local. Le commandement allemand avait ordonné la construction du camp de Méricourt sous Lens et interné un millier de prisonniers russes, employés dans les mines voisines.

    D'où vient ce surnom de Buchenwald ? Est-ce ironie ou empathie ?

    Qui peut savoir vraiment ce qu'est la guerre sans la vivre ? Qui peut juger ?

    On trébuche sur les mots, s'indigne à raison d'un "détail" mais on ne peut décimer les dictionnaires parce que des tortionnaires ont souillé le vocabulaire.

    Il n'y avait plus de logements, après les bombardements, toute baraque debout était un palace, alors oui, les civils ont investi ces lieux de douleur et les cris des enfants couvraient le souvenir des râles soviétiques. Ce nom de Buchenwald, je le prends comme un hommage, un refus de l'oubli malgré la transformation des lieux.

    Il nous reste tant à apprendre, il nous reste tant à comprendre, et les vieux s'en vont.

    Encore des mots, toujours des mots
    Les mêmes mots... Rien que des mots
    Des mots faciles des mots fragiles ...

    Rien que des maux...

     

  • nombril de mon monde

     

    Je viens de ma mère

    Qui connut mon père,

    Je suis venue sur Terreombilic 1.PNG

    Accrochée, mammifère. 

    J'ai trouvé la liberté

    En poussant un cri,

    Réinventé ma liberté

    par ces écrits,

    Narcissisme sans excès,

    Exhibitionniste du secret.

     

    Ils ont changé mon nombril....

    Modifier l'indélébile,

    A coups de scalpel,

    Rafistolant mon réel.

     

    Je viens de ma mère

    Qui connut mon père,

    Attachée à mes racines,

    Des douleurs intestines

    Restent la cicatrice

    A l'identité spoliatrice.

    Suis-je encore celle

    Que tu connus bacelle ?

    Suis-je encore moi

    Recousue en bas ?ombilic 2.PNG

     

    Ils ont changé mon nombril

    Incisé, envoyé en exil

    L'enfant qui subsistait.

    Reste la femme, déroutée.

     

     


     

  • raccord au décor

    Dans la salle d'attente,

    Pour tuer la sale attente,

    Ou tuer le sale espoir,

    Y'a des chaises de couleur,

    Difficile de voir la vie en rose.

    Les dossiers font des vagues

    car personne n'en fait, faut se taire,

    les patients doivent patienter,firtion salle.jpg

    Tout est calme, on n'ose les mots

    hausse les épaules, n'ose les maux.

    Incertitude, « no se, senior »

    Inquiétude, nausée saigneur.

    Sur les murs, des tableaux,

    sur mes joues, de l'eau.

    Un jour

    Là-bas

    New-York

    Avec toi

    Encore

    Et ce corps

    Qui encore

    M'éloigne

    De toi

    Dans la salle d'attente,

    En rogne

    Flatiron

    J'attends

    Parce que...

    Un jour...

    J'irai.

     

  • larmes à l'âme

     

    Bien sûr il y a nos défaites
    Et puis la mort qui est tout au bout
    Nos corps inclinent déjà la tête
    Étonnés d'être encore debout
    Bien sûr les femmes infidèles
    Et les oiseaux assassinés
    Bien sûr nos cœoeurs perdent leurs ailes
    Mais mais voir un ami pleurer!

    (Jacques Brel )

     

    Mon grand-père était déjà malade, il était encore debout mais sa voix était déjà partie.

    Ma grand-mère raccompagnait quelqu'un à la porte, mon père -je crois- a glissé quelques mots à l'oreille du sien.

    Je ne sais plus bien, j'étais sur le canapé, je passais le temps quand il s'est suspendu, le temps, à cet instant où j'ai vu mon grand-père pleurer.

    Comment un homme comme lui pouvait pleurer ?

    Je n'avais pas de détail sur sa maladie, je culpabilise de n'en avoir demandé aucun, mais quel enfant a ces préoccupations ?

    Je le savais colosse aux pieds d'argile, toujours tendre et généreux, bien que taiseux, mais comment pouvait-il pleurer ?

    J'ai été bouleversée et je le suis encore, vingt-cinq ans plus tard.

    J'entends encore sa voix, cassée, son souffle court et sa gorge étranglée par l'émotion.

    J'ai tout de suite compris qu'ils parlaient de vie, ou plutôt de mort, la sienne n'était plus qu'une question de temps.

    Il pleurait et répétait «  je ne veux pas la laisser »

    Peut-être disait-il «  je ne peux pas la laisser ».

    Parfois on ne peut pas, parfois on ne veut pas, mais les choses arrivent, nous arrachent le cœur, nous arrachent à la vie.

    Il était prêt à partir, mais pas à la laisser.

    Émue de leur amour.

     

    Il m'a fallu des années pour comprendre l'abîme de ces mots.

    Se faire à l'idée de notre propre mort, ce n'est pas si difficile, on n'a pas le choix de toute façon.

    Mais on culpabilise toujours de la peine qu'on va faire, on se demande comme l'aimé va faire.

    J'aimerais être là pour toi, mais je sais que je ne le serai plus...

     

    Dis-moi que tu sais, fais-moi croire que ça ira et partons voir plus loin.

    pt44811.jpg

     

     

     

  • " je suis Elizé "

     

    "Il y a, je crois, dans l'existence, un point de cécité qui en fait un perpétuel commencement en sorte que, bien que tout soit déjà dit, tout reste encore à dire. C'est là qu’apparaît la fécondité de ces métaphores essentielles où la vie et la mort se conjuguent sans qu'il soit possible de dire laquelle a surtout nourri l'autre."

    Il est revenu, dans nos vies et sur les étals des libraires : Gaston-Paul Effa publie chez Gallimard « rendez-vous avec l’heure qui blesse ». Nous (re)découvrons le destin emblématiquement tragique de Raphaël Elizé, vétérinaire d'origine guadeloupéenne, premier maire noir en métropole, son métier et son engagement politique ayant comme point commun l'amour du vivant. La guerre nous embarque dans un wagon à bestiaux pour un voyage d'où peu reviennent : Buchenwald. Les pages défilent, les supplices s’enchaînent. La noirceur de la peau qui refuse à l'être son rang d'homme affronte la noirceur des âmes nazies qui ignorent l'idée même d'humanité.

    « Connaissant ce qui, jadis, dans la nuit de la traite transatlantique, avait déjà eu lieu, il ne me restait qu'à assister à la répétition de l'histoire. Ce que nous vivions à chaque instant m'apparaissait comme déjà vécu. C'était pour moi un grand réconfort de savoir que je n'avais pas à intervenir dans le déroulement des événements ni à engager ma responsabilité mais que mon rôle de traducteur faisait de moi le témoin de notre aventure. »

    Tout apparaît déjà perdu, et pourtant...

    Raphaël Elizé résistera, à sa manière, même si nous avons tous, un jour ou l'autre, « rendez-vous avec l'heure qui blesse »

    La tentative de « critique » pourrait s'arrêter là, mais voilà...

    On dit que Gaston-Paul Effa a écrit une quinzaine de romans déjà... c'est faux : c'est son premier. Le premier où ne se cache plus derrière le narrateur, plus d’étudiant africain déraciné gardien d'une tradition qui s'éloigne. Cette fois il se glisse dans la peau d'Elizé en racontant son combat pour être reconnu et accepté en tant que vétérinaire dans sa campagne sarthoise, car la couleur de peau étant la première chose qui s'offre aux yeux, trop de monde oublie encore de regarder avec le cœur. (Est-ce d'ailleurs si différent ?)

    On pourrait penser aussi que c'est un livre d'histoire qui éclaire des heures plus sombres que les heures sombres, il n'y a pas de hiérarchie dans l'horreur mais qu'est-ce que quelques noirs devant des millions de Juifs... non, ce n'est pas non plus un roman historique, c'est un roman humain : Gaston-Paul Effa se glisse non seulement dans la peau l'Elizé mais surtout dans sa tête, en maïeuticien, il nous plonge dans les tréfonds de l'âme humaine, et fait resurgir des expériences passées nos connaissances pour demain.

    Rendez-vous avec l'heure qui blesse n'est pas un  roman « noir »,

    ce n'est pas un livre d'histoire, RDV couv_15319.jpg

    c'est une œuvre universelle,

    un hymne à l'humanité,

    malgré tout.

     

     

  • L'oUÏe

    La mémoire est mystères et délices.

    La mémoire est misères et dérives.

    Des souvenirs nous hantent, viennent et reviennent titiller nos nuits, dévaster nos vies.

    D'autres s'évanouissent on ne sait où, au point de douter, de penser que cela n'a jamais existé, l'oubli pire que la mort : le déni de bonne foi.verlaine.jpg

    Et ce qu'on ne voudrait jamais oublier : la voix des êtres chers...

    "Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
    L'inflexion des voix chères qui se sont tues"

    ( Verlaine – mon rêve familier )

    On se concentre pour entendre encore les échos au plus profond de notre âme, dans un repli du cœur et puis un jour on n'entend plus cette voix, on la croit partie.

    C'est faux, la voix reste en nous, tous les sons aussi, on ne les entend plus mais ils sont là, à portée de pleurs.

    On ne les entend plus mais on saura les reconnaître, parmi cent, parmi mille, parmi des millions.

    Sons uniques, imprimés en moi.

    Comme une voix qu'on n'a pas entendu depuis si longtemps que l'on reconnaît à la première seconde, même avant que ne sonne le téléphone.

    C'est en moi.

    C'est à moi.

    Un homme me gamahuchait.

    L'ordinateur jazzait doucement, pour accompagner le mouvement.

    Un homme me gamahuchait et je pleurais.

    Déboussolé, il s'appliquait, flatté de son effet.

    https://www.youtube.com/watch?v=dJqUZFunBsk

     

    Je pleurais...

    Passait, en fond sonore, la bande originale de ma première fois.

    Nous en étions arrivés là.

    Se faire gamahucher au bord du lit, au bord de la Vie.

    Un coup de langue comme un coup de poignard.

    J'en étais arrivée là.

    J'étais arrivée.

    Boucle bouclée, pensais-je.

    Comme une fin.

    J'étais morte, comme Weronika.

     

    DSCN4751.JPG

    J'ai encore la cassette audio de la première fois.

    Je la regarde et elle ne fait pas de bruit.

    Je la regarde et je n'entends rien.

    Elle contient mon essence, là où tout commence et où tout finit, du début de la femme à la fin du mélodrame.

     

    Mélodrame : genre théâtral caractérisé par l'emphase du style, l'exacerbation des émotions, le schématisme des ressorts dramatiques et l'invraisemblance des situations opposant des figures manichéennes. Les élans dramatiques étaient par ailleurs soulignés par des plages musicales et le paroxysme y était allègrement employé pour susciter l'émotion du spectateur. Ce genre est presque immédiatement utilisé dans le cinéma muet.

     

  • enfer et rédemption

    Un autodafé, c'est d'abord un actus fidei, un acte de foi.

    Mais comme l'inquisition ne donnait guère de choix dans la foi et finissait par brûler toute suspicion, le feu pour purification, expiation...l’autodafé est devenu destruction.

    On connaît peu Diego de Landa, un moine franciscain envoyé évangéliser le Yucatán, qui fit brûler d'inestimables Codex Mayas en 1524, comme si effacer la mémoire modifiait le cœur...

    On connaît plus le grand autodafé du 10 mai 1933 à Berlin, brûler les ouvrages des grands auteurs juifs pour nier leur contribution à l'humanité, tenter d'effacer tout ce qu'on pourrait devoir à l'autre et se purifier de ces odieuses pensées... Jeter des livres au feu en criant des hourras, cracher encore pour attiser les flammes, et Goebbels très fier qui annonce l'avènement d'un nouveau monde, sans souillures....

    Je suis allée à Berlin.bebelplatz-pictures-1-2.jpg

    J'ai posé mes pieds à l'endroit...

    Au milieu des pavés, un mètre carré vitré, une bibliothèque, virginale, vide...

    Et une plaque de cuivre où l'on peut lire la citation prémonitoire de Heine

    DSCN4612.JPG

     

     

    « Dort, wo man Bücher verbrennt, verbrennt man am Ende auch Menschen ».

     

    Comment imaginer, en 1820, que là où on brûle des livres, on finira par brûler des hommes ?

    Je ne vais pas revenir sur la barbarie, sur l'extermination.

    Pour moi, brûler un livre, comme brûler un drapeau, c'est plus qu'un symbole, c'est pour moi d'une violence inouie, non par la douleur physique, mais par les objectifs du geste : nier l'autre, l'effacer, tenter de se purifier...

    Les pieds à l'endroit, je regarde autour de moi, dans le froid de l'hiver tout est calme, propre, la vie ne s'est pas consumée, l'Allemagne s'est relevée.

    Et nous n'avons pas oublié.

    Je me demande souvent ce qui restera de moi quand je ne serai plus que cendres... Pas grand chose de tangible, rien vraiment de palpable mais de l'inéfable j'espère, de l'inéfaçable, dans le coeur de ceux qui m'ont aimé, que j'ai croisé...

    bérénice rebelle ludovic florent.jpg

    ( Photo " Bérénice rebelle", Ludovic Florent http://www.ludovicflorent.com/  )

    Ce n'est pas orgueil de l'écrire, je sais que ces souvenirs seront blessures pour eux. Il faut transformer la douleur en douceur, la chaleur du moment partagé, le poids du réel, que même les flammes ne sauraient effacer.

    J'ai "écris un livre" qui s'intitule autodafé...  J'avais besoin, à un moment de ma vie, de brûler mon idole, de me purifier peut-être , même si on ne retrouve jamais sa virginité.

    Autodafé comme acte de foi, je crois en moi, je crois en toi. Je tourne la page et j'avance. Je suis en Vie.

    Je regarde devant.

    Je n'ai plus mal.

    Je peux avoir mâle.