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jeanneovertheworld - Page 11

  • forever gentlemen

    Je suis assise dans cette salle de spectacle, type Zénith, comme des dizaines de fois déjà depuis 25 ans.

    Je regarde le rideau encore baissé avec une certaine émotion, une intérieure jubilation : je suis là dans cette salle, je vais très bien, je suis en forme, je n'ai même plus mal à la cicatrice, quelle cicatrice ?

    On perd souvent la conscience que tout va bien tant cela paraît normal, il faut l’épreuve pour nous rappeler de savourer cette normalité.

    Une normalité déboussolante et rassurante à la fois.

     

    Je n'ai pas choisi le concert : Garou, Roch Voisine et Corneille façon Rat Pack qui reprennent des standards sans âge. Je ne sais pas si le jazz band joue divinement bien, mais l'effet sur moi est réussi. Bien sûr que c'est artificiel, bien sûr que c’est commercial, mais c'est très bien fait et plus important encore : ça me fait du bien !

    Très vite je pars, quelques mesures et je voyage.

     

    Oh la belle vie
    On s'enlace

    On est triste
    Et l'on traîne.
    Alors pense que moi je t'aime

    Et quand tu auras compris
    Réveille-toi
    Je serai là
    Pour toi.

    I've got you under my skin
    I've got you deep in the heart of me
    So deep in my heart that you're really a part of me
    I've got you under my skin
    I'd tried so not to give in
    I'd said to myself this affair'd never will go so well
    But why should I try to resist when, baby, I know damn well
    That i've got you under my skin
    I'd sacrifice anything come what might
    For the sake of havin' you near

     

    Everybody loves somebody sometime
    Everybody falls in love somehow
    Something in your kiss just told me
    That sometime is now
    Everybody finds somebody someplace
    There's no telling whre love may appear
    Something in my heart keeps saying
    My someplace is here

     

    Strangers in the night exchanging glances
    Wond'ring in the night
    What were the chances we'd be sharing love
    Before the night was through.
    Something in your eyes was so inviting,
    Something in your smile was so exciting,
    Something in my heart,
    Told me I must have you.

    Alors on vit chaque jour comme le dernier
    Et vous feriez pareil si seulement vous saviez
    Combien de fois la fin du monde nous a frôlé
    Alors on vit chaque jour comme le dernier
    Parce qu'on vient de loin
    Jour après jour
    On voit combien tout est éphémère
    Alors vivons pendant qu'on peut encore le faire

    What now my love
    Now that you left me
    How can I live through another day

    Watching my dreams turn into ashes
    And all my hopes into bits of clay
    Once I could see, once I could feel
    Now I'm a numb
    I've become unreal

     

    et maintenant, que vais-je faireDSCN6685.JPG

    de tout de temps... ??

     


     

  • 3/12

    25 août – 25 novembre

     

    3 mois, un trimestre, je reçois mon bulletin avec les encouragements du conseil médical.

     

    J'ai repris le travail presque dans l'indifférence des élèves, des collègues... Ils n'osent pas demander, ils ne veulent pas savoir car ils ne sauraient pas quoi dire. On préfère ne pas se rappeler notre condition de mortels.

    Alors tout le monde poursuit sa vie « comme si de rien n'était ».

    Moi même je finis par y croire.

    J'ai repris le travail mais compte bien réduire cet aspect de ma vie, « travailler moins pour gagner moins », certes, mais en espérant vivre plus. Si je ne peux garantir la durée totale, je vais augmenter la durée quotidienne.25.11.PNG

     

    Bizarre de parler de mon nombril avec ce drôle de monde – pas drôle – autour...

    Parfois je me réconforte cyniquement en me disant « j'ai pas d'enfant, une espérance de vie limitée, si le monde explose, je ne serai plus là ».

     

    Mais je fais quoi maintenant,

    si on renouvelle le bail ?

     

     

    Et pourquoi j'ai mal à la tête ?

  • de la petite et de la grande... (histoire)

    16.11.jpg

     

    A l'heure où blanchit la campagne...

    Je prends le train,

    Savoir si je suis sortie du tunnel,

    Ou si je vais rester dans le noir

    Des blouses blanches...

     

     

    Voilà, je quitte la bulle du Petscann, je me retrouve dans une France abasourdie, les visages sont graves, les conversations nombreuses aux coins des rues avec quelques phrases qui percent « ce n'est pas fini ».

    Ils ne parlent pas de moi.

    toits.PNGEt pourtant la ville de Strasbourg est magnifique, sous un soleil d'été que l'on dirait indien s'il n'était pas si à l'Est. Les employés municipaux tendent des fils dans le ciel des rues, tels Ariane, pour nous guider, nous montrer le chemin, celui d'un futur dans la tradition, fêtes d'un étrange Noël en préparation. Les illuminations finissent de prendre place sous les notes d'un saxophoniste qui attend quelques pièces.

    Je marche, manteau ouvert.

    Il fait bon.

    Puis-je dire qu'il fait bon vivre ?

     

    S'il n'y avait que l'instant...

     

    Je veux croire en l'embellie.

    Ma zone opérée a été nettoyée, du sang, des cicatrices mais aujourd'hui il ne reste rien d'autre, rien de visible.

    Nulle part.

    Qui dira que la bataille est gagnée ?

    Je n'ose encore croire en la trêve.

     

    Je marche dans les rues baignées de soleil, manteau ouvert.

    Je marche dans les rues, vivante.

     

    Je me sens France : tripes retournées mais debout.

     

    La guerre n'est pas finie.

  • pas fini

    Je vais souvent dans les églises, les cathédrales.

    Non pour y trouver Dieu, s'il est quelque part, pourquoi viendrait-il se coincer là ?

    Plutôt pour y trouver les hommes, cultuel et culturel se mélangent, les croyances me fascinent, m'effraient parfois.

    On se pose facilement la question pour les pyramides d’Égypte, moins pour Conques ou Notre Dame, mais comment a-t-on pu construire ça ? Et pour qui, et pour quoi. Cette démesure m'interpelle.

    terrazze_duomo.jpg

    Je suis sur le toit du Duomo de Milan.

    Plus près de toi, mon Dieu ?

    Je me sens comme dans les coulisses du ciel, moi qui aime les arrières-cours.

    Il y a la ville, plus bas, dont on perçoit la clameur, un bruit sourd et régulier, comme un cœur qui bat.

    Je me sens toute petite dans ce décor démesuré. Jamais je n'avais imaginé y être. Et pourtant j'y suis.

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    « il n’y a d’être et il ne peut y en avoir que là où la finitude s’est faite existence » Heidegger

    Je respire fort. Je regarde l'horizon.

    Je n'ai pas fini.

    Je n'ai pas fini !

     


     

     

  • 2/12

    25 aout - 25 octobre

     

    Deux mois, à en devenir schizo si on oubliait un S.

    Il y a deux mois, un moi est mort, le moi terriblement vivant qui s'était dit, en 2008 « je n'ai pas survécu pour ne pas sur-vivre », le moi qui avait tout de même fini par oublier...

    Et pourtant... « memento mori » .

    Reste l'autre moi, celui encore debout, par réflexe.

    J'essaie de reprendre la vie, j'en suis à l'étape de la reprise du travail, mais je souffre de ses futilités et de ses faux drames, souvent envie d'être ailleurs.

     

    Deux mois, c'est physiquement magique, je peux (presque) tout faire, tout vivre.

    Et parfois même tout re-vivre.

     

    Ce dimanche, je randonne sur la ligne Maginot, autour du b 2.PNGSimserhof.

     

    Les arbres perdent leurs feuilles comme naguère les peuples leurs larmes, les fougères se battent encore pour cacher les plaies, bientôt on ne verra plus qu'elles : les casemates oubliées.

    b 4.PNG

     

     

     

     

     

    On ne voit presque rien, tout est souterrain, mais moi je sais, je n'oublie pas, tout vibre, tout vit.

    Difficile dans ces bois de ne pas refaire ma guerre.

     L'automne dévoile le passé.

     

    Deux mois déjà, deux mois seulement. Je m'étonne toujours de la capacité du corps à s'en remettre et philosophe avec mon chirurgien qui reste bien humble, ses gestes ne sont que palliatifs, mon véritable allié reste mon système immunitaire. Un combat sourd et souterrain entre cellules.

    Ça me renvoie à mon impuissance sans pour autant me soulager : il n'y a pas grand-chose à faire, qu'à vivre.

     

    Je me sens temple bouillonnant.

    25.10 2.PNG

     

  • trace

     

    C'était un jour, c'était une nuit,

    une histoire sans H - de guerre -

    une histoire sans majuscule - comment veux-tu, comment veux-tu que je...

    Cette chambre était notre paradis, temporaire, intemporel.

    Il n'y avait que nous allongés sur cette plage de coton peigné,

    le temps était suspendu, comme lui à mes lèvres,

    je regardais le plafond comme on regarde la constellation.

    Je ne sais plus comment c'est venu,

    quels furent ses mots - je me souviens de ses mains -

    je répondis en regardant la porte : «  je ne sortirai pas de là indemne »,

    il prit peur : les hommes ont peur des phrases romantiques des femmes,

    ils ont peur de leur faire mal, palpitent les cœurs, difficile d'avouer qu'ils ne veulent queue.

    Ça n'avait rien de romantique, juste un constat introspectif.

    On s'est laissés sur le quai, et je ne m'en suis pas sortie indemne.

    C'est la moindre des choses : laisser une trace,

    que ce serait triste de se rencontrer sans que rien ne frissonne.

    Il avait peur que je me méprenne, que je m'attache,pas.jpg

    je voulais qu'il me prenne, qu'il m'attache.

    Trajectoires qui se croisent et se décroisent.

    Les mots ne créent pas toujours des maux,

    la beauté vient de l'émotion, du partage, du réel.

      

    Dans une autre vie, une autre fois, un autre monde,  

    Un autre endroit, une autre chance, un jour... 

    Tu ne viendras peut-être jamais

    Mais je dirai que je t'attends, encore


    ( « peut-être jamais », la Grande Sophie )

    Je t'attends, la boule au ventre.

    Pas la mauvaise boule, le scalpel en est venu à bout -j'espère -

    Je t'attends pour perdre pied, pour m'oublier, en toute conscience,

    à la fois inutile et nécessaire, qui ne peut pas ne pas être,

    notre monde en dehors du monde,

    depuis longtemps tu as laissé ta trace,

    le temps passe, mon temps presse.

     

     

     

     

     

  • grain de sable

     

    D'abord j'entends cette chanson écrite par Jean-Jacques Goldmann pour Christophe Willem.

    Je sais, ça fait Top 50.

    Mais en fait, moi, les chansons, je ne les écoute pas, tout d'abord je les lis.

    J'achète les albums, je sais, ça ne se fait plus non plus et je lis le livret, les mots.

    Ensuite seulement je glisse le CD dans mon lecteur et j'écoute, ces mots mis en musique.

    Balance tes habits
    Tes impostures aussi
    Prends le vent, prends le ciel
    Prends ta faim de vie, illumine ta nuit
    Redeviens subversif, impulsif, instinctif
    Bouge et danse à l'envie
    Bienséance oublie
    Délivre là ta vie

    Revenons à nous nus
    Comme aux débuts
    A nos élan perdus
    Juste nous, nus.

    Pourquoi je tombe sur cette chanson ?

    Revenons à nous nus
    Comme aux débuts
    A nos élan perdus
    Juste nous, nus.

    Retour aux sources,

    retour à la source des problèmes,

    source de fantasmes

    viens boire à ma source

    ressourçons-nous

    ça coule de source

    ramène ta baguette, sourcier !

     

    Faut pas me chercher,

    faut pas chercher la nostalgie, elle affleure.

    Pas rétrograde, pas passéiste,

    juste l'impression de mieux maîtriser.

    Le passé a été, malgré les secrets et les murmures, ça j'en suis sûre,

    alors que le futur, ce vilain, m'est incertain.

    Alors se replonger un peu dans la douceur d'un hier qui ne changera plus,

    ce qu'on croit connaître mais que l'on redécouvre avec nos yeux d’aujourd’hui.

     

    Je suis retournée à la dune, MA dune.

    Je ne peux m'empêcher de penser à une tournée d'adieu, revoir les gens, les lieux...

    Elle m'a laissée la monter, je me suis assise, j'ai fermé les yeux et j'ai senti les larmes monter.

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    Mais pourquoi pleurer ? En ai-je le temps ?

    J'ai ouvert les yeux, j'ai empli mes poumons.

    Juste heureuse d'être là.

    Je me nourris d'elle, chaque grain de silice recharge mes batteries, je me sens pleine d'elle, pleine d'énergie.

    Tu es mon grain de sable, mon grain de folie, qui s'insinue, qui s'incruste, qui colle, qui se fait oublier et puis soudain gratte.

    La dune, j'ai aimé la revoir.

    Je l'ai laissée là, derrière moi.

     

    De Bordeaux, s'il me fallait retenir une photo...

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    La reconnais-tu ?

    ... la flèche Saint Michel.

    De l'intérieur.

    C'est là toute la magie de l'intime, on entre dans la tour et l'on sent son cœur qui bat.

    Ha ... Ce sont les cloches ?

    On voit sa structure, ses organes, les niches secrètes. Ses marches sont usées des pas de toutes ces femmes passées avant moi, mais je suis là, au cœur.

    On voit le soleil pénétrer les ouvertures, comme ta lumière dans mes fêlures.

    C'est ce que je préfère, les coulisses.

     

    Juste nous, nus.

    Allez viens,

    balance tes habits...

     

    Je suis rentrée chez moi

    Je suis cette femme, qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre.

    Avec, au fond de mon sac, un grain de sable...

     

     

    .

  • 1/12

    25 août – 25 septembre

    Ça fait un mois.

    Et je suis toujours là. Je suis même « après ».

    Je n'en doutais pas vraiment mais je ne m'imaginais pas non plus combien, sur le coup, cela pouvait être dur. Physiquement, le corps accuse le coup, se remet plus lentement, il en a sans doute un peu marre de ces rebondissements charcutiers, il a bien compris qu'il fallait passer par là mais il supporte de moins en moins je crois, il ne dit rien, encaisse.

    Je ne sais pas finalement qui du corps ou de l'esprit a le plus de mal.

    Je n'y crois plus.

    Tout le monde va mourir, je sais que je vais en mourir.

    Ce n'est pas bien différent, une question de temps simplement.

    Mais dans le lit d’hôpital, avec tous les bidons dans la perfusion, à respirer, à peine, je m'imaginais les jours où cela ira encore plus mal, le jour à partir duquel ça n'ira plus jamais mieux.

    Je n'aurais pas toujours la force.

    On a beau le savoir, on aime l'oublier.

    Je sais que cela ne sert à rien de revenir là-dessus, je sais qu'il ne faut pas.

    Mais si l'insouciance est morte, qu'en est-il de l'espérance ?

    Qu'est-ce qu'un mois dans une vie ?

    Où serai-je dans un mois ?

    A la lumière de cette question, des images me viennent, des rendez-vous, un programme, des projets. Et le sourire : l'espérance est bien là.

    Comme un rayon de soleil sur la cicatrice.

     

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  • Ses mains en moi

    Il suffit parfois de rien, pour faire s'envoler l'imagination, un regard et l'on part.

    Les hommes parlent avec leurs mains, même sans origines méridionales.

    Plutôt ce sont les mains qui parlent d'eux : calleuses, rapeuses, soyeuses, frileuses. Doigts fins, doigts ronds, doigts épais, doigts carrés. Peau blanche, peau burinée, ongles noirs, ongles rongés, ongles oubliés...

    Dans notre société la main est l'accès à l'être, par la poignée serrée on se salue, souvent le seul contact physique, viril, entre les partis.

    Regarder les mains des hommes et les imaginer en moi.

    Le toucher est unique, comme une empreinte digitale, l’étreinte digitale est une signature.

    Ce ne sont pas les mains des hommes que j'aime, mais les mains de mes hommes, en plus de la faim, elles portent le souvenir et le désir. L'explorateur qui fouille en corps, le bafouilleur voyageur, le timide, l'expert qui appuie où ça pleure...

    Peut-on vivre plus encore, peut-on encore découvrir ?

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    Regarder les mains des hommes et les imaginer en moi.

    Mièvre formule de littérature érotique.

    Je regarde ses mains à lui, Olivier, et je sais qu'aucun homme ne saurait me pénétrer plus profondément que lui.

    Mon chirurgien.

    Du champ opératoire bleu débordent mes entrailles et il y va, une main, deux.

    Comment peut-on vouloir, comment peut-on pouvoir ?

    Rien qu'un homme qui mit ses mains en moi, comme un dieu, pouvoir de vie et d'encore.

    Et moi qui dors !!!

    Les mains des hommes, je ne peux plus les regarder sans penser au maelström intestinal, rangé, arrangé, là derrière la couture.

    Les mains des hommes en moi je ne peux plus les imaginer plus bas...

    A moins que(ue)...

    Montre-moi tes mains...

     

  • prendre date

    La maladie est toujours venue par surprise, sans que je l'invite, elle frappe à la porte de mon corps et m'emporte, d'urgences en chirurgie.

    Elle rôde et me choisit, voilà, c'est ton tour.

    Ne dit-on pas « tomber malade », comme on dit « tomber amoureux » ?

    C'est comme ça, c'est dans l'air, on ne sait pas si on va être oublié, flèche de Cupidon ou pince de crabe, on finit tous pris ou épris.

     

    Pour la première fois de ma courte vie de malade, j'ai une date.

    I HAVE A DATE !

    J'ai rendez-vous, j'ai une date.

    25 août.

    Rouvrir, couper, refermer.

    Continuer ?

     

    On dit souvent «  vivre chaque jour comme si c'était le dernier », c'est si triste.

    Profiter, oui, savoir que tout va finir un jour, oui, mais se dire que c'est vraiment le dernier, c'est très différent.

    J'ai passé un des meilleurs étés de ma vie, plein d'activités, d'aventures, de l'émotion et quelques larmes. J'ai goûté à tout ce qui me passait à portée de bouche, ce qui se boit, ce qui se mange, ce qui se suce, se déguste, se laisse embrasser.

    On dit qu'on profite mais au fond il y a toujours un goût amer, on ne peut pleinement profiter en sachant que c'est vraiment -peut-être- la dernière fois.

    Le plaisir est gâché parce que l'on pense aux autres.

     

    glace.jpgElle est énorme cette glace, il n'y a rien de trop quand on aime aimer, il n'y a rien de trop quand il n'y a pas de conséquence, rien de trop quand il n'y a plus rien après.

    Quelques minutes de bonheur, glacé, sang qui se glace quand on voit les autres autour.

    La douleur n'est que pour ceux qui restent.

     

    Je n'ai cessé de me demander «  me souviendrai-je de cet été ? » vivant chaque instant comme si...

    Je théâtralise, j’exorcise.

    Je reviendrai.

    Et toi, reviendras-tu ?

    To have a date with you, j'aimerais tant...