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jeanneovertheworld - Page 5

  • mens(tr)uel

    On critiquera les réseaux sociaux comme on critique le capitalisme ou la mondialisation, on a tous un pied dedans, pour vivre avec le monde.

    Facebook m'a fait découvrir de nombreuses personnes,

    Découvrir : verbe transitif, mettre à nu, laisser voir, révéler, commencer de connaître, trouver ce qui était resté ignoré.

    que je rencontrais ou pas,

    avec qui je parlais ou pas,

    mais que je suis et qui de même, s'inquiètent et s'enquièrent.

    La distance parfois rapproche, l'anonymat libère.

    Dans la multitude des liens superficiels, certains se lient plus solidement, sans base aucune, c'est la magie du rien.

    De clic en clic, je suis tombée sur Aline P., artiste. Je ne saurais expliquer ce qui me touche chez elle, sa façon d'être, d'être femme. J'aime plus particulièrement ses photos, souvent du sang, souvent des poils. Mais elle s'exprime aussi par le dessin ou la poterie. Tout me semble respirer son âme.

    Allez vous perdre sur son site : http://alinep.com/fr/

     

    Tous les mois revient à ma mémoire son cliché «  sangre impura », quand coule entre mes jambes ce rappel à ma condition.

    Plus de trente ans que cela dure ces conneries !

    Et pour quoi ?

    Et pour qui ?

    Comme une prison du temps,

    une con-damnation,

    un supplice qui revient,

    qui revient...

     

    Sangre impura

    Tu es femme, voilà ta punition !

    sangre-impura-2010.jpgMais pour quelle faute ? La punition d'Eve ? Quel homme a inventé ce concept, rejetant l'erreur sur la gente féminine dans son intégralité et surtout pour les siècles des siècles ? ! Je ne suis pas Amen ! Qui a introduit cette culpabilisation qui traverse encore les générations ?

    Je n'enfanterai pas dans la douleur, c'est mon histoire, mais chaque mois je vis ces quelques jours en toute sérénité.

    Et ces clichés sur l'humeur irascible ? Si les femmes maugréent, c'est justement contre ces idées reçues. Nous ne sommes pas de divines victimes !

    Les couloirs de l'Histoire sont remplis de superstitions, de mises à l'écart, tentatives de réponse face au mystère de la féminité.

    L’étymologie ne lie-t-elle pas utérus et hystérie ?

    On pourrait penser que la ménopause libère l'impie impure, que nenni... Les superfluités non éliminées augmentent la dangerosité.

    Jamais la femme ne sera libérée...

    Je ne parlerai pas de la « taxe rose »...

    Moi qui ne suis pas féminine, à peine femme, moi qui suis avant tout humaine, face à ces constats, je deviens féministe !

     

    JE NE SUIS PAS IMPURE !

     

    Sur cette affirmation sans appel, je vous laisse, je vais aller prendre un bain,

    en pensant aux hommes,

    en pensant à mes sœurs de sang,

    en pensant à Aline,bain.PNG

    en pensant à toi...

  • ton ciel

    Dis-moi... c'est comment sous ton ciel ?

    Raconte-moi ta vie, démon émerveille,

    Tes envies inassouvies derrière les persiennes.

    Je devine les nuits chaudes, sans sommeil,

    A compter les lunes, les brunes, appétits qui reviennent,

    A conjuguer, à profaner, à con-biner le fiel et le miel.

    Dis-moi tes soupirs, tes sourires

    Quand se suspend l'avenir.saussines.PNG

     

    Dis-moi... c'est comment sous ton ciel ?

    Je sais bien, le linge sale, la vaisselle,

    Les jours qui se succèdent aux autres pareils

    Le quotidien répété qui tue l'exceptionnel.

    Je sais les cernes, les rides, les paradis artificiels

    Tu n'es qu'homme, je ne suis plus pucelle,

    Je ne suis plus celle,

    Je suis plurielle.

     

    Dis-moi... c'est comment sous ton ciel ?

    Montre-moi tes rêves, immatériels

    Laisse-moi respirer tes jours, en kyrielle

    Il n'y a que des toujours, véniels

    Oublions les rancœurs de mortels.

    N'ai-je tant vécu que pour ce duel ?

    Réel, irréel, surréel...

    Memory hell !

     

    Dis... c'est comment sous ton ciel ?

  • 4/12

     

    25 août – 25 décembre

     

    4 mois et la douleur qui s'éloigne, et la cicatrice qui s'estompe.

     

    La maladie suspend le temps, les heures passent comme des semaines, allongée sur un lit blanc, il n'y a plus de jour, plus de nuit, juste des blouses qui se succèdent, des flacons qui se vident goutte à goutte dans mes veines. Les petits bonheurs riment avec anti-douleur.

    Sortie de l’hôpital, je réapprends le temps.

    Lentement tout d'abord.

    Puis moins lentement.

    Le temps reprend et je me remets à lui courir après.

    L’énergie revenue, j’enchaîne et remplis mes journées. .

    Je n'ai plus le temps, c'est lui qui m'a eue.

    Et paradoxalement j'en ai plein devant moi.

    Plus on en dispose, moins on en a.

    Je cours pour oublier ces moments allongés.

    Est vivant celui qui est en mouvement.

     

    Je vous écris depuis Hambourg, je vous écris depuis ailleurs.

    Je continue à me promener dans les villes, à me promener dans la vie.

    Cet ailleurs ressemble au nôtre, l'accent est plus guttural, les plats plus roboratifs.

    Nous sommes le 25 décembre...

    Ici, c'est aussi Noël, ou plutôt Weihnachten.

    4 mois.PNG

    Je ne suis pas certaine qu'un p'tit gars soit né cette nuit là, il y a 2000 ans, mais j'aime cette communion de façade, ce prétexte qui unit.

    Bien sûr il y a les extrémistes, le côté trop commercial, mais j'aime croire en l'humanité.

    Est-ce que je crois vraiment en l'humanité, confiante en notre avenir ?

    Je ne veux pas répondre à ces questions.

    Je me promène juste dans les rues illuminées, j'emplis mes poumons et je m’attable pour boire un vin chaud.

    Rien que cela, des petits moments de paix, une ivresse à la cannelle.

     

    Je me souviendrai toujours de mon lit d’hôpital, lorsque le mot cancer a été prononcé, en 2008. En avril mon avenir se suspendait et je n'étais plus capable d'imaginer un futur, dans ma tête il n'y avait plus rien, pas la mort mais le vide, je n'imaginais pas vivre Noël.

    Et me voilà, le huitième Noël après.

    Et je suis là.Marché-de-Noël-Vin-Chaud-Nantes-300x165.jpg

     

    Vous buvez un verre de vin chaud avec moi ?

     

     

  • forever gentlemen

    Je suis assise dans cette salle de spectacle, type Zénith, comme des dizaines de fois déjà depuis 25 ans.

    Je regarde le rideau encore baissé avec une certaine émotion, une intérieure jubilation : je suis là dans cette salle, je vais très bien, je suis en forme, je n'ai même plus mal à la cicatrice, quelle cicatrice ?

    On perd souvent la conscience que tout va bien tant cela paraît normal, il faut l’épreuve pour nous rappeler de savourer cette normalité.

    Une normalité déboussolante et rassurante à la fois.

     

    Je n'ai pas choisi le concert : Garou, Roch Voisine et Corneille façon Rat Pack qui reprennent des standards sans âge. Je ne sais pas si le jazz band joue divinement bien, mais l'effet sur moi est réussi. Bien sûr que c'est artificiel, bien sûr que c’est commercial, mais c'est très bien fait et plus important encore : ça me fait du bien !

    Très vite je pars, quelques mesures et je voyage.

     

    Oh la belle vie
    On s'enlace

    On est triste
    Et l'on traîne.
    Alors pense que moi je t'aime

    Et quand tu auras compris
    Réveille-toi
    Je serai là
    Pour toi.

    I've got you under my skin
    I've got you deep in the heart of me
    So deep in my heart that you're really a part of me
    I've got you under my skin
    I'd tried so not to give in
    I'd said to myself this affair'd never will go so well
    But why should I try to resist when, baby, I know damn well
    That i've got you under my skin
    I'd sacrifice anything come what might
    For the sake of havin' you near

     

    Everybody loves somebody sometime
    Everybody falls in love somehow
    Something in your kiss just told me
    That sometime is now
    Everybody finds somebody someplace
    There's no telling whre love may appear
    Something in my heart keeps saying
    My someplace is here

     

    Strangers in the night exchanging glances
    Wond'ring in the night
    What were the chances we'd be sharing love
    Before the night was through.
    Something in your eyes was so inviting,
    Something in your smile was so exciting,
    Something in my heart,
    Told me I must have you.

    Alors on vit chaque jour comme le dernier
    Et vous feriez pareil si seulement vous saviez
    Combien de fois la fin du monde nous a frôlé
    Alors on vit chaque jour comme le dernier
    Parce qu'on vient de loin
    Jour après jour
    On voit combien tout est éphémère
    Alors vivons pendant qu'on peut encore le faire

    What now my love
    Now that you left me
    How can I live through another day

    Watching my dreams turn into ashes
    And all my hopes into bits of clay
    Once I could see, once I could feel
    Now I'm a numb
    I've become unreal

     

    et maintenant, que vais-je faireDSCN6685.JPG

    de tout de temps... ??

     


     

  • 3/12

    25 août – 25 novembre

     

    3 mois, un trimestre, je reçois mon bulletin avec les encouragements du conseil médical.

     

    J'ai repris le travail presque dans l'indifférence des élèves, des collègues... Ils n'osent pas demander, ils ne veulent pas savoir car ils ne sauraient pas quoi dire. On préfère ne pas se rappeler notre condition de mortels.

    Alors tout le monde poursuit sa vie « comme si de rien n'était ».

    Moi même je finis par y croire.

    J'ai repris le travail mais compte bien réduire cet aspect de ma vie, « travailler moins pour gagner moins », certes, mais en espérant vivre plus. Si je ne peux garantir la durée totale, je vais augmenter la durée quotidienne.25.11.PNG

     

    Bizarre de parler de mon nombril avec ce drôle de monde – pas drôle – autour...

    Parfois je me réconforte cyniquement en me disant « j'ai pas d'enfant, une espérance de vie limitée, si le monde explose, je ne serai plus là ».

     

    Mais je fais quoi maintenant,

    si on renouvelle le bail ?

     

     

    Et pourquoi j'ai mal à la tête ?

  • de la petite et de la grande... (histoire)

    16.11.jpg

     

    A l'heure où blanchit la campagne...

    Je prends le train,

    Savoir si je suis sortie du tunnel,

    Ou si je vais rester dans le noir

    Des blouses blanches...

     

     

    Voilà, je quitte la bulle du Petscann, je me retrouve dans une France abasourdie, les visages sont graves, les conversations nombreuses aux coins des rues avec quelques phrases qui percent « ce n'est pas fini ».

    Ils ne parlent pas de moi.

    toits.PNGEt pourtant la ville de Strasbourg est magnifique, sous un soleil d'été que l'on dirait indien s'il n'était pas si à l'Est. Les employés municipaux tendent des fils dans le ciel des rues, tels Ariane, pour nous guider, nous montrer le chemin, celui d'un futur dans la tradition, fêtes d'un étrange Noël en préparation. Les illuminations finissent de prendre place sous les notes d'un saxophoniste qui attend quelques pièces.

    Je marche, manteau ouvert.

    Il fait bon.

    Puis-je dire qu'il fait bon vivre ?

     

    S'il n'y avait que l'instant...

     

    Je veux croire en l'embellie.

    Ma zone opérée a été nettoyée, du sang, des cicatrices mais aujourd'hui il ne reste rien d'autre, rien de visible.

    Nulle part.

    Qui dira que la bataille est gagnée ?

    Je n'ose encore croire en la trêve.

     

    Je marche dans les rues baignées de soleil, manteau ouvert.

    Je marche dans les rues, vivante.

     

    Je me sens France : tripes retournées mais debout.

     

    La guerre n'est pas finie.

  • pas fini

    Je vais souvent dans les églises, les cathédrales.

    Non pour y trouver Dieu, s'il est quelque part, pourquoi viendrait-il se coincer là ?

    Plutôt pour y trouver les hommes, cultuel et culturel se mélangent, les croyances me fascinent, m'effraient parfois.

    On se pose facilement la question pour les pyramides d’Égypte, moins pour Conques ou Notre Dame, mais comment a-t-on pu construire ça ? Et pour qui, et pour quoi. Cette démesure m'interpelle.

    terrazze_duomo.jpg

    Je suis sur le toit du Duomo de Milan.

    Plus près de toi, mon Dieu ?

    Je me sens comme dans les coulisses du ciel, moi qui aime les arrières-cours.

    Il y a la ville, plus bas, dont on perçoit la clameur, un bruit sourd et régulier, comme un cœur qui bat.

    Je me sens toute petite dans ce décor démesuré. Jamais je n'avais imaginé y être. Et pourtant j'y suis.

    IMG_4086.JPG

    « il n’y a d’être et il ne peut y en avoir que là où la finitude s’est faite existence » Heidegger

    Je respire fort. Je regarde l'horizon.

    Je n'ai pas fini.

    Je n'ai pas fini !

     


     

     

  • 2/12

    25 aout - 25 octobre

     

    Deux mois, à en devenir schizo si on oubliait un S.

    Il y a deux mois, un moi est mort, le moi terriblement vivant qui s'était dit, en 2008 « je n'ai pas survécu pour ne pas sur-vivre », le moi qui avait tout de même fini par oublier...

    Et pourtant... « memento mori » .

    Reste l'autre moi, celui encore debout, par réflexe.

    J'essaie de reprendre la vie, j'en suis à l'étape de la reprise du travail, mais je souffre de ses futilités et de ses faux drames, souvent envie d'être ailleurs.

     

    Deux mois, c'est physiquement magique, je peux (presque) tout faire, tout vivre.

    Et parfois même tout re-vivre.

     

    Ce dimanche, je randonne sur la ligne Maginot, autour du b 2.PNGSimserhof.

     

    Les arbres perdent leurs feuilles comme naguère les peuples leurs larmes, les fougères se battent encore pour cacher les plaies, bientôt on ne verra plus qu'elles : les casemates oubliées.

    b 4.PNG

     

     

     

     

     

    On ne voit presque rien, tout est souterrain, mais moi je sais, je n'oublie pas, tout vibre, tout vit.

    Difficile dans ces bois de ne pas refaire ma guerre.

     L'automne dévoile le passé.

     

    Deux mois déjà, deux mois seulement. Je m'étonne toujours de la capacité du corps à s'en remettre et philosophe avec mon chirurgien qui reste bien humble, ses gestes ne sont que palliatifs, mon véritable allié reste mon système immunitaire. Un combat sourd et souterrain entre cellules.

    Ça me renvoie à mon impuissance sans pour autant me soulager : il n'y a pas grand-chose à faire, qu'à vivre.

     

    Je me sens temple bouillonnant.

    25.10 2.PNG

     

  • trace

     

    C'était un jour, c'était une nuit,

    une histoire sans H - de guerre -

    une histoire sans majuscule - comment veux-tu, comment veux-tu que je...

    Cette chambre était notre paradis, temporaire, intemporel.

    Il n'y avait que nous allongés sur cette plage de coton peigné,

    le temps était suspendu, comme lui à mes lèvres,

    je regardais le plafond comme on regarde la constellation.

    Je ne sais plus comment c'est venu,

    quels furent ses mots - je me souviens de ses mains -

    je répondis en regardant la porte : «  je ne sortirai pas de là indemne »,

    il prit peur : les hommes ont peur des phrases romantiques des femmes,

    ils ont peur de leur faire mal, palpitent les cœurs, difficile d'avouer qu'ils ne veulent queue.

    Ça n'avait rien de romantique, juste un constat introspectif.

    On s'est laissés sur le quai, et je ne m'en suis pas sortie indemne.

    C'est la moindre des choses : laisser une trace,

    que ce serait triste de se rencontrer sans que rien ne frissonne.

    Il avait peur que je me méprenne, que je m'attache,pas.jpg

    je voulais qu'il me prenne, qu'il m'attache.

    Trajectoires qui se croisent et se décroisent.

    Les mots ne créent pas toujours des maux,

    la beauté vient de l'émotion, du partage, du réel.

      

    Dans une autre vie, une autre fois, un autre monde,  

    Un autre endroit, une autre chance, un jour... 

    Tu ne viendras peut-être jamais

    Mais je dirai que je t'attends, encore


    ( « peut-être jamais », la Grande Sophie )

    Je t'attends, la boule au ventre.

    Pas la mauvaise boule, le scalpel en est venu à bout -j'espère -

    Je t'attends pour perdre pied, pour m'oublier, en toute conscience,

    à la fois inutile et nécessaire, qui ne peut pas ne pas être,

    notre monde en dehors du monde,

    depuis longtemps tu as laissé ta trace,

    le temps passe, mon temps presse.

     

     

     

     

     

  • grain de sable

     

    D'abord j'entends cette chanson écrite par Jean-Jacques Goldmann pour Christophe Willem.

    Je sais, ça fait Top 50.

    Mais en fait, moi, les chansons, je ne les écoute pas, tout d'abord je les lis.

    J'achète les albums, je sais, ça ne se fait plus non plus et je lis le livret, les mots.

    Ensuite seulement je glisse le CD dans mon lecteur et j'écoute, ces mots mis en musique.

    Balance tes habits
    Tes impostures aussi
    Prends le vent, prends le ciel
    Prends ta faim de vie, illumine ta nuit
    Redeviens subversif, impulsif, instinctif
    Bouge et danse à l'envie
    Bienséance oublie
    Délivre là ta vie

    Revenons à nous nus
    Comme aux débuts
    A nos élan perdus
    Juste nous, nus.

    Pourquoi je tombe sur cette chanson ?

    Revenons à nous nus
    Comme aux débuts
    A nos élan perdus
    Juste nous, nus.

    Retour aux sources,

    retour à la source des problèmes,

    source de fantasmes

    viens boire à ma source

    ressourçons-nous

    ça coule de source

    ramène ta baguette, sourcier !

     

    Faut pas me chercher,

    faut pas chercher la nostalgie, elle affleure.

    Pas rétrograde, pas passéiste,

    juste l'impression de mieux maîtriser.

    Le passé a été, malgré les secrets et les murmures, ça j'en suis sûre,

    alors que le futur, ce vilain, m'est incertain.

    Alors se replonger un peu dans la douceur d'un hier qui ne changera plus,

    ce qu'on croit connaître mais que l'on redécouvre avec nos yeux d’aujourd’hui.

     

    Je suis retournée à la dune, MA dune.

    Je ne peux m'empêcher de penser à une tournée d'adieu, revoir les gens, les lieux...

    Elle m'a laissée la monter, je me suis assise, j'ai fermé les yeux et j'ai senti les larmes monter.

    IMG_3857.JPG

    Mais pourquoi pleurer ? En ai-je le temps ?

    J'ai ouvert les yeux, j'ai empli mes poumons.

    Juste heureuse d'être là.

    Je me nourris d'elle, chaque grain de silice recharge mes batteries, je me sens pleine d'elle, pleine d'énergie.

    Tu es mon grain de sable, mon grain de folie, qui s'insinue, qui s'incruste, qui colle, qui se fait oublier et puis soudain gratte.

    La dune, j'ai aimé la revoir.

    Je l'ai laissée là, derrière moi.

     

    De Bordeaux, s'il me fallait retenir une photo...

    IMG_3829.JPG

    La reconnais-tu ?

    ... la flèche Saint Michel.

    De l'intérieur.

    C'est là toute la magie de l'intime, on entre dans la tour et l'on sent son cœur qui bat.

    Ha ... Ce sont les cloches ?

    On voit sa structure, ses organes, les niches secrètes. Ses marches sont usées des pas de toutes ces femmes passées avant moi, mais je suis là, au cœur.

    On voit le soleil pénétrer les ouvertures, comme ta lumière dans mes fêlures.

    C'est ce que je préfère, les coulisses.

     

    Juste nous, nus.

    Allez viens,

    balance tes habits...

     

    Je suis rentrée chez moi

    Je suis cette femme, qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre.

    Avec, au fond de mon sac, un grain de sable...

     

     

    .