Dans le ciel, derrière les nuages, en regardant bien on peut voir...
Des trajectoires d'humains qui se croisent
D'éphémères traces d'un passage
Ce n'est pas parce que ce n'est plus visible que cela n'a pas existé.
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Dans le ciel, derrière les nuages, en regardant bien on peut voir...
Des trajectoires d'humains qui se croisent
D'éphémères traces d'un passage
Ce n'est pas parce que ce n'est plus visible que cela n'a pas existé.
Le chirurgien m’avait dit « on verra dans deux ans pour l’esthétique ».
Dans ce domaine là, pour faire plus sérieux, on parle de chirurgie réparatrice. Comme réparer un préjudice, la notion d’esthétique est trop galvaudée par les Barbies siliconées ( silly -connes = pléonasme bilangue ).
Il faudrait aussi réparer tout ce qu’on ne voit pas, combler la fêlure intérieure, gommer les cernes des gens qui m’aiment.
Je me demande comment on peut rafistoler ça !
Il m’a dit « dans deux ans » et j’ai pris ça comme la seule promesse qu’on a daigné me faire sur mon avenir.
Je l’ai trouvé optimiste, utopiste, rêveur, le beau Nicolas quand il m’a dit ça.
Non que je ne le croyais pas, mais juste que je ne m’y voyais pas.
Je suis sortie de la caverne, l’éclatante vérité de ma finitude m’a éblouit. J’avais fini de répéter « carpe diem » juste pour me donner un genre ,et en même temps je me suis retrouvée incapable de me voir dans un futur proche. J’avançais enfin véritablement dans la vie tout en ne pouvant pas mettre un pied devant.
Alors quand il m’a dit dans deux ans, moi qui n’imaginais pas dans deux mois, j’ai souri.
Dans deux ans, c’est maintenant.
Aujourd’hui même, la spécialiste qui me suit m’a dit « on devrait mieux attendre cinq ans avant d’intervenir ».
Putain cinq ans !
Je regarde ma montre, je me demande si tout cela est bien raisonnable.
Faut-il y croire ?
« Je ne peux résumer mon passé, ses joies et ses souffrances, ses non-dits surtout, qui font celle que je suis, souterraine.
Je ne peux imaginer mon futur, par protection.
Je vis donc dans le présent.
Et j’envie le peuple maori et sa langue qui ne comporte ni hier ni demain mais que des aujourd’hui, plus ou moins lointains. Ils illustrent le vrai Carpe Diem, au jour le jour, sans crainte, puisque le présent, le réel, l’actualité, c’est la vie. »
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Au deuxième homme j’ai écrit « je ne suis pas une fille qui reste ».
Et lorsqu’il est devenu le premier mari, nous avons souri.
Cette première lettre écrite pour lui est mon texte fondateur.
Je me demande comment, à vingt ans, je pouvais déjà me voir.
Je me demande comment, à quarante ans, cette précoce lucidité reste d‘actualité.
Je ne suis pas une fille qui reste, je ne veux pas m’imposer, discrètement je passe.
Je ralentis le pas, je tends mon dos, aux caresses, aux mots, je ferme les yeux et j’attends qu’on me réclame, j’attends qu’on me supplie de m’arrêter, j’attends qu’on me désire, qu’on formule une demande.
Simplement dire « reste… ».
Parfois rien ne vient.
Je ne fuis pas.
Si doucement je m’éloigne, c’est que je poursuis ma route, à pas lents.
Je ne suis pas une fille qui reste, c’est le cri d’une fille qui désire qu’on la prenne dans ses bras.
J’aime tant tes bras…
Tiens-moi fort.
Si tu relâches, je m’éloigne, à pas lents.
Je ne suis pas une fille qui reste.
Aide-moi à rester.
J’ai dit ça à vint ans parce que le premier homme m’avait sceau-d’homm-isée et laissée prisonnière dans le vide de la liberté.
Je répète cela à quarante ans parce que je ne veux pas que tu souffres, lorsque mes pas s’accélèreront, à vouloir fuir la Bête vainement.
Je ne suis pas une fille qui reste, j’avance, à pas lents.
Mon amour, marche avec moi,
Mon amour, marche à mes côtés,
lentement,
longtemps…
ouvrir la fenêtre,
s'échapper,
en réchapper....
( manette de fenêtre - chambre 404, dermato secteur 1, CHU Nancy, 06.04.10 )
A la station défilent, dans l'anonymat, des "gens".
Jamais ce mot, si laid, si vide, n'aura été plus parlant : ce défilé n'a ni forme ni identité. D'autres diraient "ni queue ni tête" pour être plus pertinents.
Les gens passent et ne laissent pas de trace, sauf peut-être cette poubelle qui déborde de faux espoirs et de d'attentes élimées que personne ne songe à recycler.
De ma chambre d'hôtel,
des fourmis qui chatouillent les pieds,
une brise me lèche na nuque,
ça me démange,
je me déhanche.
"Her name was Lola, she was a showgirl "
Copacabana...
Copacabana
Copacabana
(Copa) don't fall in love...
Petite ouverture, à peine close,
un tissu rougi aide encore à retenir son secret.
L'ombre d'une arbre décharné tente de le déflorer.

Je sais de quoi on m'accuse,
tous ces maux de l'humanité
(Vieillesse, Maladie, Guerre, Famine, Misère, Folie, Vice, Tromperie, Passion)
Je garde sur mes genoux la boite, la précieuse :
en son sein, l'Espérance.
Dans les interstices du Mur
les hommes et leurs fissures
mur-murent
et se murent.
J'avance dans la vie,
j'avance dans l'envie,
je traverse la Géhenne
légère dans les immondis :
j'ai rendez-vous avec toi,
la semaine des Quatre Jeudis.
Je suis allée en Indonésie,
je suis allée en Macaronésie
à la recherche de l'homme en mandorle.
Confiante dans les limbes,
j'ai rendez-vous avec toi,
en Parousie.