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  • Illusion sur Oise

    Parfois on a besoin de toucher l'irréel du doigt, parce que l'irréel n'est pas toujours impalpable...

    Mais quand on est tout près, un rien nous ramène à la réalité.

    Il suffit d'une vieille enseigne, vieille enseigne d'un cinéma qui porte bien son nom...

    Utopia = synthèse des mots grecs "ύ-τοπος" nulle part et de "ηύ-τοπος" lieu de bonheur

     

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  • En chanson

    Quelques notes qui me trottent dans la tête  :

    Le Paraguay n'est plus ce qu'il était,
    Moi non plus.
    On ne va pas regretter
    Les occasions manquées
    Ni les slows pour danser :
    Y'en a plus.
    Ceux qui restaient,
    Ou la mort ou l'amour les a eus.
    On a vu s'éloigner
    Sur des eaux agitées
    Les derniers grands voiliers.
    Y'en a plus...

    Le Paraguay n'est plus ce qu'il était,
    Nous non plus.
    Faut pas pleurer pour ça,
    Les eaux du Niagara,
    Nos amours d'autrefois
    Disparues.

    Cette chanson me plonge dans une douce nostalgie, de celle qui ne nous font rien regretter, parce que c'est la vie, parce qu'on est heureux d'avoir vécu...

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    J'étais au Paraguay, un jour d'avril 2003, c'était une autre vie. Sur mon passeport, aucune preuve de mon passage au Paraguay : le poste frontière était en rupture d'encre... Et en même temps, cette pénurie, authentique, nous donnait peut-être une image réelle de la vie de ce pays... Qu'importe le passé, la gloriole ou les ambitions, plus d'encre à la frontière, le Paraguay n'est plus ce qu'il était.

    Moi je sais que j'y étais... Mon Paraguay à moi est dans ma tête.

  • Once upon a time

    Soixante et un balais, ça fait du matos pour dépoussiérer les idées reçues. Tout en étant dans le système jusqu'au premier plan à vingt heures, tu as toujours été un peu différent, pas pareil.

    Certains auront vite fait de te qualifier d'has-been...

    Mais leur langue est sèche à force de ne plus fréquenter mon antre, has-been vaut mieux que has-never-been.

    Moi j'aime quand il t'appelle comme ça, moi la sémantik-lover. Has-been ramène à ma phrase favorite empruntée à Musset : c'est moi qui ai vécu.

    Bon anniversaire "sexagénaire"...

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  • Cours Forest

    Le jour où je me suis mise à courir…

    gondrchem1.JPGÇa m’a pris comme ça. Ce dimanche je suis seule, il fait beau, je termine une lettre, plaisir exquis du retour au manuscrit et quelque chose me pousse dehors. Je prends la voiture, me gare sur un parking bondé aux abords de l’étang de Gondrexange et j’en entame le tour, comme si j’étais poursuivie par le diable. Je passe à côté des pêcheurs du dimanche, je marche entre canal et étang, sur le chemin de halage, je rivalise avec cette péniche de location pour touristes peu pressés, théoriquement limitée à 6 km/h. J’accélère pour la doubler, mes pas s’enchainent de plus en plus vite et je ne sais pas ce qui me prend, tout à coup, je cours. Mais oui, je cours. Moi, la fille trop rationnelle je ne peux faire ce geste fou et inutile, moi la fille allergique au sport pour l’exploit et la sueur, je me mets à courir encore et encore. Mes pas sur le tapis de feuilles font une étrange musique, je cours sous les marronniers pour échapper à la chute des bogues comme si je traversais un champ de mines. Je me rends compte que les feuilles de hêtres et les feuilles de noisetiers ne font pas le même son… Lorsque mon corps n’en peut plus, lorsque je sens mes poumons collés sur ma cage thoracique, lorsque les muscles de mes cuisses se détachent de mes os comme trop cuits, je reprends ma marche. Mais c’est là que mon cœur s’emballe, que ma respiration se coupe. J’aimerais pleurer, vider tout ce qu’il y a en moi mais je n’en ai pas la force. J’avance, encore et encore. Je comprends enfin les gens qui courent, je me retourne, je regarde quelle Utopia j’ai cherché à fuir, mais il n’y a derrière moi que des couples et des familles, qui promènent chien ou enfants, c’est selon. Moi je suis seule et j’avance. J’ai le soleil dans le dos, mon ombre me dépasse, je me vois seule et je ne reconnais pas mon propre reflet, est-ce que j’ai changé ? Arrivée au pont qui enjambe le canal, je cherche la comparaison symbolique avec ma vie, quel Rubicon m’attend. Je monte sur le petit pont de bois vermoulu qui tremble. J’aimerais y voir ma vie mais je suis soudain happée hors de mes pensées, scotchée par la beauté du paysage ; il faudra que j’y repasse avec mon appareil photo : les roseaux habillés d’automne, l’étang impassible, le clocher lorrain du village, la ligne bleue du Donon au loin, et moi et moi et moi. Je reprends ma course de l’autre côté, comme une malade que je suis, comme une malade que j’ai été. Et putain, je me sens en vie. J’ai toujours une envie folle de pleurer, de hurler même mais je croise des promeneurs en ce dimanche si doux, autant de « bonjour » que l’on se doit de donner, alors que personne dans la rue la semaine ne se salue. Il faudra que je revienne dans la semaine, à l’heure où la foule travaille. J’alterne course et marche, mais je ne me sens bien que quand je cours, parce que mon corps pour suivre doit se forcer à respirer calmement, à coordonner tous ces gestes pour survivre. Je n’ai mal que lorsque je m’arrête, mais aujourd’hui je suis incapable de courir tout le long.

    gondrsquelet.JPGEn refermant la boucle, en revenant progressivement vers mon point de départ, je passe à côté du camping. Il est encore bien fréquenté pour une mi-octobre. Je reviens vers la civilisation. J’approche de la plage. En fermant les yeux je me crois à la mer, objectivement ça sent le bord de mer. Concrètement, le niveau de l’étang est bas, la vase sèche et répand cette odeur caractéristique de marée basse. J’approche de la plage, bercée par le clapotis des petites vagues rythmées par le vent. En fermant les yeux je crois respirer des relents de monoï. Je croise pour finir un groupe, un homme regarde les caravanes et dit « quand ils nous auront repris la maison, on vivra dans des caravanes », plus loin l’aire de jeu de la plage est bondée d’enfants, un couple se dispute sur la manière de ranger la poussette dans le coffre, avec un accent alsacien si prononcé qu’on dirait un spectacle comique.

    Brutal retour à la réalité, bienvenue chez les cons.

    Je rentre chez moi et je ne sais pas ce qui m’est arrivé.

    Je me suis mise à courir.

    Personne ne va me croire…

  • consolation

    bourru.JPGFinalement, outre le fait que le temps file et que personne n'ait daigné me prévenir, l'arrivée claire de l'automne a du bon. Surtout le long de la route des vins...

    L'an passé je courrais les marchés, quai des Chartrons à Bordeaux. Cette année je me contente des producteurs alsaciens.

    Le vin bourru est arrivé !

    A votre santé...

    ( la mienne... vous savez... )

  • filer au FIG

    1b2c680fb5d69599a4d067ed24608b03.jpgPartir dans les Vosges, où la géographie tient son festival.

    Rejoindre la Vologne et ses mystères, se promener dans les massifs, entre résineux et caducs, fouler un sol rose de grès. Dormir à Gérardmer pour se sentir en dehors du monde et du temps.

    Ne pas se connecter.

    Pour mieux se déconnecter ?

  • fausses feuilles

    C'est étrange, sur la route... de plus en plus de petits objets qui volent au vent, des choses que la pluie colle sur le sol. J'ai bien vu hier le cantonnier avec sa pelle tenter de faire disparaitre les preuves.

    A traverser la forêt, je trouvais cela de plus en plus étrange, on dirait que les arbres ont fait les soldes, changent de manteau tous les jours, oubliant leur veste verte, essayant un patchwork de jaune, d'or et de rouge.1e18fa9d5c856e81c5508e58384da557.jpg

    Je n'arrive pas à m'y faire : l'automne est là.

    Je n'y crois pas, ce n'est pas possible, je revois le magnolia en fleur depuis la fenêtre de l'hôpital, c'était hier.

    Dans la rue, les gens ont sorti leur grand manteau d'hiver, pas moi, ce n'est pas possible.

    8ed41afc0e75aac14dc514b5c4457bf1.jpgJe me demande combien de temps je vais pouvoir tenir avec cette certitude en moi, combien de temps je vais pouvoir vivre à une autre saison que les gens, je me demande pourquoi ils font tous semblant d'être en automne.

    Combien de temps peut-on lutter contre une certaine réalité du monde ? Combien de temps pourrais-je vivre avec MA vérité, bien au chaud sous la couverture de mes illusions ?

    932f78ac65b964be0634b6322ebb1a8f.gifHier tata a lu cette histoire... Aujourd'hui je regarde mes crayons, qui ont fait sortir du mur des êtres et des histoires, comme dans ce livre pour enfant. Et je me dis que c'est ça ma vie, écrire et faire vivre les choses, même celles qui n'existent pas. Je m'endors, comme le héros prénommé Bruno, sereine. " C'est moi qui ai vécu".

     Je résiste encore, je cherche un tube de colle pour raccrocher aux arbres les feuilles qui se lassent.

    "Elle se balance entre deux airs,
    Un côté sombre un côté clair.
    Elle dort complètement réveillée.
    Elle joue à faire mieux qu'exister.
    Elle se balance entre deux ciels,
    L'un sous ses pieds, l'autre au-dessus d'elle.
    Elle vit encore à l'heure d'été.
    Elle veut qu'il fasse beau toute l'année
    ." ( M. Sardou)