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l'Allemagne qui me réconcilie avec l'Allemagne.

 

Je ne suis pas historienne, je suis humaine.

Je n’ai que faire des dates et des théories, je suis attachée aux vécus.

 

A Worms, il y a beaucoup d’Allemands. Certes.

worms cathédrale.jpgIls sortent en rangs serrés, bien comme il faut de la cathédrale. Germanique. Certes.

On peut ne pas aimer, on pourrait ne pas voir, mais il faut regarder.

Comment des hommes ont ainsi assemblé les pierres, dès 1110,  des gros cailloux encore debout, si fiers. Comment on n’a inventé, seulement après, une étiquette «style roman» pour coller dessus. Ses gros piliers ronds, massifs. Moches. Certes.

Ses petites ouvertures arrondies, ses dentelles, grossières.

Et la décoration intérieure, dépouillée, ses grandes sculptures de pierre, ses bas-reliefs pesants, tableaux de grès. Moches. Maladroits.

EXCEPTIONNELS.

L’escargot à l’arrière plan plus gros que le bonhomme devant : témoin d’un temps où la perspective n’existait pas, académiquement parlant.

Une cathédrale d’avant que l’art ne naisse vraiment, d’avant la Renaissance.

 

Sous mes pieds une plaque m’arrête.luther1521.jpg

Debout dans un parc, je ne me sens pas historienne, juste humaine.

Je pense à Luther face à la Diète inquisitrice.

L’empereur l’a fait venir, pour brûler ses livres, et le bannir.worms luther livre.jpg

Debout devant tous, il ne se désavoue pas.

Plutôt mourir que tuer ses idées.

Ainsi survécu le protestantisme.

Je suis contente d’être là.

Bien droite, les pieds sur le vécu du monde.

Debout au même endroit.

Hier stand Jeanne Magnani.

 

 

worms cimetière juif.jpgEt au détour d’une rue, un vestige de ghetto.

Là bas la synagogue. Ces escaliers dérobés pour accéder au Mikvé.

Au carrefour, ces pierres qui penchent : le cimetière juif.

 

 

On ne peut pas quitter Worms sans se dire, en Allemagne de surcroit, que c’est l’humanité qui finit par triompher des intolérances et la vie qui se poursuit, sans oubli.

Sur l’autoroute les éoliennes que XXIème siècle nous saluent et disent «autant en emporte le vent».

Qu’importe le vent : c’est moi qui ai vécu.

Et je me nourris de tous les vécus des humains avant moi.

J’aime être où je suis lorsque je mets mes pas dans ceux de ces gens-là.

 

 

Commentaires

  • Renouer avec l'histoire au travers des pierres, au travers des lieux, et le temps qui s'en mêle. L'Europe a connu ces lieux et ces retournements de situation qui ont constitué l'histoire des peuples, des croyances, c'est un bagage plein d'enseignement qui fait notre passé. Mais quoi que l'on dise, la vie reprend toujours le dessus, et c'est vers l'avenir qu'il faut regarder avec confiance en apportant sa pierre à l'édifice !

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