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Wai-o-tapu

« Le monde s’est rétréci. »

Cette phrase que Rabelais fait prononcer à Epistémon, le maître philosophe de Pantagruel, que je vais jouer en avril, me revient souvent en bouche.

C’est toujours ainsi lorsque l’on joue, il est des phrases qui reviennent sans cesse.

Internet et la mondialisation ont aboli les distances tout en creusant les écarts, il n’y a plus d’heures, il n’y plus de lieux, seuls comptent les liens.

Je like des pages, je m’abonne aux news-lettres et je me crois au centre du monde, mais je ne fais qu’essayer d’agglomérer le monde autour de mon nombril, de m’arrimer à l’existence pour en ressentir encore les rumeurs.

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Je vois donc ainsi passer régulièrement des photos et informations sur un paradis que j’ai eu la chance de visiter en 2008 et l’immense privilège de revoir en 2018 : wai-o-tapu.

Le vrai luxe pour moi est de retourner quelque part. De re-vivre. Encore et encore.

J’ai pris mon temps pourtant, en juillet. Jamais je ne me lasserai de Wai-o-tapu.

IMG_2209.JPGIMG_2261.JPGQuand je vois ces infos, ces publicités avec en photo les endroits que je crois miens, j’ai toujours cet émerveillement et cette émotion : je connais cet endroit, j’y ai été, c’est moi qui ai vécu. Le sourire me vient instantanément et je me sens bien, cet endroit m’habite. 
 

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Et je me dis :

«  j’aimerais que mes cendres soient dispersées là ».

C’est irréaliste, c’est tellement loin et tellement égoïste d’imposer aux survivants ce voyage aux antipodes. Il faudrait partager ces moments de notre vivant.IMG_2273.JPGIMG_2271.JPG

 

Wai-o-tapu est un Disneyland géothermal, une concentration des merveilles du monde sur quelques hectares, un monde paradoxalement en dehors du monde. Je ne l’ai parcouru qu’en hiver, où la brume des sources d’eau chaudes concurrence le brouillard, sans ciel bleu et sans touristes aussi.

Le chemin de bois n’est que pour moi, j’écoute la respiration de la terre.

Je me plante et je pourrais pleurer des heures, sans larmes.

Juste emplir mes poumons.

Vivre.

Être.

 

 

Pantagruel : Alors pourquoi suis-je mélancolique ?

Epistémon : C’est que l’enfance est finie monseigneur. Jamais plus ne pourrez imaginer être un géant capable de couvrir de votre langue toute une armée, ou défier 300 géants ennemis, ou avaler un loup-garou. Le monde s’est rétréci.

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